Comme il fallait s’attendre c’est la crise entre le Sénat et l’exécutif, à propos de l’affaire Benalla, qui fait parler dans la presse ce matin
Et là encore nos quotidiens font assaut d’imagination en termes de métaphores guerrières et sportives : « Le match des fragiles, comme il y a le match des titans » ironise Cécile Cornudet des Echos » tandis que le Midi-Libre évoque « la guerre des anciens et des modernes ». Son éditorialiste va même plus loin, estimant que « les sénateurs ont déclenché l’arme atomique ». Vocabulaire militaire également pour la Montagne qui voit dans cette crise « une guerre de tranchées entre l’Elysée et le Sénat », Le Sénat qui « fait vaciller l’Elysée » pour le Parisien, « Le clash avec Macron » pour L’Opinion. Pour d’autres c’est le rôle de la Haute-Assemblée qui est mis en avant dans cette affaire. Ainsi Hervé Favre de la VDN qui estime que « Les sénateurs, qui n’ont jamais le dernier mot pour le vote des textes de loi, prennent ici leur revanche » tandis que dans La Nouvelle République, Denis Daumin remarque que « ces mêmes sénateurs vont leur train et celui-ci arrive toujours à l’heure, contrairement au convoi foutraque de l’Assemblée ». Et puis n’oublions pas l’origine de cette crise : L’affaire Benalla, qui selon Xavier Brouet du Républicain Lorrain « est un poison lent qui ne cesse d’infuser au cœur de la Macronie ».
Demain ce sera donc l’acte 19 de la crise des Gilets Jaunes. Un rendez-vous qui sera très observé
D’une part parce que, pour la 1ère fois les militaires de l’opération Sentinelle seront mobilisés, mais surtout parce que certains secteurs clé seront interdits de manifestation. Ce devrait être le cas des Champs-Elysées même si on en n’a pas encore l’officialisation. En revanche, on sait que la ville de Nice, où doit arriver dimanche le président chinois, sera, selon Nice-Matin « placée en état d’urgence. Quasi sanctuarisée, mise sous cloche ». Le quotidien niçois qui détaille le dispositif mis en place. Seront donc concernés jusqu’à lundi, l’hyper-centre, la Promenade des Anglais et la Plaine du Var. Dans ses secteurs, le préfet indique qu’aucun gilet, de quelque couleur qu’il soit, ne sera autorisé. Interdiction également des groupes de plus de trois personnes et de manifester et, pour la 1ère fois dans la ville, la présence de 2 des véhicules blindés de la gendarmerie qui se trouvaient le weekend dernier sur les Champs-Elysées. Toujours sur ce sujet, à lire également dans Le Parisien, le témoignage d’Adel, un restaurateur parisien, soutien du mouvement des gilets jaunes, qui se rendait à son travail samedi dernier et qui a porté secours sur les Champs- Elysées à un policier qui était au sol face à de nombreux assaillants. Le jeune homme s’est alors mis sur le policier pour le protéger, criant à la foule déchainée « Arrêtez, vous allez le tuer et toi, ne t’inquiète pas, je te protège ».
Une violence dont sont également victimes les pompiers, une profession très sollicitée en ce moment
Entre débordements des samedis des gilets jaunes, accidents de tous les jours et exposition à la violence, les pompiers sont de plus en plus inquiets et même parfois désabusés. Une situation à laquelle Libération consacre un dossier de 5 pages. « Le SOS des pompiers » titre le quotidien dans lequel témoigne le commandant de la brigade de Paris qui décrit « un métier fragilisé car sursollicitée et de plus en plus agressé ». « Les bonnes daubes » selon leur jargon, ces interventions inutiles, sans urgence, parfois même sans victimes, sont en augmentation constante et usent le moral jour après jour. Mais c’est le climat de tension, parfois de violence, ressenti lors de certaines interventions dans des secteurs délicats, qui inquiète de plus en plus la profession. David, soldat du feu à Montpellier, interrogé par Libération, se souvient « d’une époque pas si lointaine où l’image du pompier c’était celle d’un gentil gars qui était là pour aider ».
Le président chinois sera en France à partir de dimanche, l’accueil officiel risque d’être plutôt frais
Alors que Xi-Jing Ping a été accueilli comme un héros hier en Italie, ce ne sera certainement pas le cas en France où Emmanuel Macron, Angela Merkel et Jean-Claude Junker, qui le rencontreront dimanche à Nice puis mardi à Paris, vont former, comme le titrent Les Échos, « Un front uni pour jouer la carte de l’Europe face à la Chine » même si, selon Jacques-Hubert Rodier, l’éditorialiste du quotidien économique, « Il reste que la France n’a guère d’autre choix que de constater, en ce premier quart du 21ème siècle, le basculement de la puissance vers la Chine ». Une inquiétude soulevée à la une de La Croix qui titre « Quand l’Europe s’éveillera » soulignant, néanmoins, que « Pékin est à l’offensive alors que les Européens sont en ordre dispersé face à sa stratégie d’investissement sur notre continent ».
Un peu plus légères et poétiques, les aventures extraordinaires d’une grande voyageuse
Elle ne pèse que 12 grammes, elle fait partie de la famille des passereaux. C’est la paruline boréale, un petit oiseau chanteur dont Le Figaro nous raconte ce matin l’étonnant périple migratoire. Un voyage de 20 000 km aller-retour pour ce champion des vols très longue distance qui se reproduit dans les forêts du nord du continent américain et hiverne en Amérique du sud. Des chercheurs ont équipé certains spécimens de capteurs de manière à pouvoir suivre cette migration marathon. 10 000 km en 2 mois à l’aller, de l’Alaska au nord du bassin de l’Amazone fin août. Même distance au retour, début mai, en seulement 30 jours avec parfois de longues pauses d’une dizaine de jours mais, et c’est le plus étonnant, des vols de 3000 km d’une seule traite en 2 ou 3 jours, notamment au-dessus de la mer des Caraïbes. L’étude entreprise par les scientifiques américains doit permettre de mesurer l’influence des conditions météorologiques sur leurs vol, localiser leurs aires de repos et peut être permettre de préserver la paruline boréale rayée dont la population a chuté de manière inquiétante ces dernières années.
Pour terminer, le retour de nos footballeurs champions du monde en compétition officielle
« A vos marques » titre l’Equipe pour évoquer le 1er match de l’équipe de France dans le cadre des qualifications pour l’Euro 2020. Les bleus qui doivent se méfier selon le quotidien sportif d’un match « inédit et piégeux » face à la modeste équipe de Moldavie ce soir à 20h45 au stade Zimbru de Chisinau. L’Équipe qui nous annonce les probables retours de Sydney Coman, l’attaquant du Bayern et du défenseur parisien Layvin Kurzawa. 2 absents de la dernière Coupe du Monde. La France donc favorite mais, attention, comme le titre Le Figaro, aux « lendemains parfois difficiles des champions du monde qui doivent éviter la mauvaise blague ».
Philippe Gault