A la une ce matin de la presse quotidienne évidement la manière dont l’exécutif tente de réagir après les violences de samedi à Paris
Avec un mélange de vocabulaire militaire et sportif dans les quotidiens ce matin. Libération notamment qui parle de grosse artillerie et voit l’exécutif montrer ses muscles. Son directeur, Laurent Joffrin, estime qu’il fallait évidemment réagir mais, je cite, « dans un style très Minority Report, (c’est à dire de manière prédictive) car l’habitude de réprimer à l’avance une fois prise se perd difficilement ». Le Figaro évoque le durcissement de ton de l’exécutif et les interrogations des forces de l’ordre qui prennent acte de la fermeté affichée par le gouvernement mais attendent des mesures concrètes. Le Parisien-AEF note qu’Emmanuel Macron hausse le ton et que Matignon sort la matraque mais se demande « si les mesures annoncées seront suffisantes pour éteindre le feu ». Sud-Ouest titre sur la réplique, la riposte du gouvernement et La Voix du Nord sur un changement de stratégie, conséquence de la défaillance de la chaine de commandement. Son éditorialiste, Hervé Favre, ironise même dans son éditorial qui commence par un vibrant « Tremblez casseurs de tous les pays qui avez pris vos mauvaises habitudes à Paris et dans nos grandes villes, le gouvernement français ne vous laissera plus faire »
Toujours sur cette actualité, 3 noms reviennent dans les pages de nos quotidiens ce matin.
Ces 3 noms ce sont ceux de Christophe Castaner, Michel Delpuech et Didier Lallement. Le ministre de l’intérieur sur la sellette : « Recadré par le chef de l’État et qui n’a plus le droit à l’erreur » selon Le Parisien, qui est « le seul responsable et doit démissionner » pour Nicolas Dupont-Aignan cité par Le Figaro, quotidien dans lequel Eric Ciotti, chargé des questions de sécurité chez Les Républicains estime que « La place Beauvau est un bateau ivre où Christophe Castaner joue les fiers à bras ». Michel Delpuech, le préfet de police de Paris limogé est souvent qualifié de fusible. Libération, ose ce titre « Pour un flirt avec l’Etat », référence osée à une chanson de son presque homonyme Michel Delpech. Libé qui revient sur quelques épisodes sensibles de son passage à la préfecture de police. Sa nomination tout d’abord en avril 2017 alors que son prédécesseur s’était cassé la hanche lors d’une chute à vélo et puis sa position dans l’affaire Benalla qui n’avait pas été très appréciée par l’exécutif. Son successeur, Didier Lallement s’attire les louanges de Sud-Ouest qui estime qu’il a géré « avec poigne et efficacité les dossiers régionaux » (rappelons qu’il était jusqu’à hier préfet de la région Grande-Aquitaine). Ce n’est pas vraiment l’avis des responsables de la France Insoumise qui rappellent, dans Le Figaro, que c’est à Bordeaux que leur député Loïc Prudhomme avait accusé les forces de l’ordre de l’avoir agressé lors d’une manifestation non-autorisé. Ce qui fait dire à JL Mélenchon que la nomination à Paris de Didier Lallement est, je cite, « une prime au violent qui a échoué en Gironde »
L’Actualité sociale avec la relance du débat sur la réforme des retraites
C’est en effet la déclaration d’Agnès Buzyn dimanche qui fait réagir. La ministre de la santé qui a évoqué la nécessité de « travailler plus longtemps ». Les Echos consacrent leur une et un long article sur le sujet, estimant que le débat sur l’âge de la retraite est relancé, notamment sur un point crucial, à savoir le nombre de trimestres à cotiser qui pourrait passer de 166 à 172. Un an de plus tout de même
Demain, 20 mars, on fêtera l’arrivée officielle du printemps mais pas seulement
Le printemps commencera effectivement demain soir à 22h58 précisément, heure de l’équinoxe, mais c’est aussi demain que sera lancée la Saint Glinglin, vous savez cette expression qu’on utilise pour renvoyer une promesse ou un rendez-vous à une date inconnue. Un peu comme on remet aux calendes grecques ou quand les poules auront des dents. Et bien Le Parisien nous apprend qu’une agence de de communication spécialisée sur le marché du commerce de détail a décidé de lancer le concept de la St Glinglin qui sera fêtée tous les 20 mars à partir de l’année prochaine. Ce ne sera pas une opération de promotion commerciale comme les black Fridays mais plutôt l’occasion pour les commerces de proximité d’organiser des animations pour attirer et fidéliser une clientèle locale
Une page culturelle pour terminer cette revue de presse
Et 2 expositions qui vont faire parler d’elles en ce printemps. Tout d’abord celle consacrée par le Rijksmuseum d’Amsterdam jusqu’au 10 juin à Rembrandt dont on commémore cette année les 350 ans de la mort. Libération a eu la bonne idée d’envoyer Philippe Lançon arpenter galeries et coulisses du musée néerlandais qui dévoile l’intégralité des tableaux, eaux-fortes et dessins présents dans ses collections. Des centaines d’œuvres plus ou moins connues de Rembrand. Le maître flamand magnifiquement décrit par Philippe Lançon comme « le peintre, je cite, qui refait l’histoire, le mythe, par la lumière et l’absence de lumière, par les gestes, les silhouettes, par une image de l’intimité ordinaire projetée dans une légende dorée ». L’autre événement c’est la 1ère exposition consacrée à Andréa Verrochio à Florence jusqu’à mi-juillet. Verrochio orfèvre, sculpteur et peintre assez peu connu pour son œuvre mais surtout parce qu’il fut au 15ème siècle le maître de Vinci mais également celui du Perugin et de Ghirlandaio. 120 œuvres, dont une quinzaine spécialement restaurée, sont présentées au Palazzo Strozzi jusqu’au 14 juillet. Une très belle mise en œil avant la grande exposition-rétrospective que proposera le Louvre en octobre à l’occasion du 500ème anniversaire de la mort de Léonard de Vinci.
Philippe Gault