La Revue de Presse du jour – 18/10/2018

La revue de presse… Honte ou fierté, il faut choisir… Et vous avez choisi Michel…

La honte, il en est beaucoup question dans les journaux… Le phénomène Name and shame est même à la Une de L’Opinion : noms jetés en pâture sur les réseaux sociaux, dénonciations en tous genres (Balance ton maire, balance les députés La République en marche qui ont repoussé un texte sur le handicap)
Utiliser la honte, la honte qui est sans nuance, toujours absolue, la honte qui ostracise de manière irrémédiable, « ce n’est pas faire de la politique », avance le psychiatre Serge Tisseron. « C’est recourir à un fonctionnement mental archaïque dangereux. C’est une façon de pousser les gens vers l’extrémisme »…
-Vous n’avez pas honte, a lancé à la ministre de la Justice Jean-Luc Mélenchon qui aura peut être honte en lisant les commentaires le concernant, car ils ne lui sont pas favorables, c’est le moins que l’on puisse dire…

Parlons d’abord d’un autre sentiment, la fierté donc !

La fierté des habitants de Bondy, eux-aussi souvent ostracisés…
Bonheur de lire le récit dans Le Parisien et L’Equipe du retour hier dans sa ville de Seine Saint Denis de Kylian Mbappé…
Liberté, égalité, Mbappé ! Ainsi est titré l’article du Parisien qui a sollicité des anonymes et des personnalités pour comprendre la fascination exercée par le joueur prodige…
Son corps est sacré, a-t-on envie de dire… La France, c’est lui…
Mbappé apparait pour les jeunes de banlieue comme un modèle de réussite… L’animateur télé et écrivain Eric Naulleau évoque un retournement de cliché du gars de banlieue qui ne pense qu’à lui, qu’au pognon, qu’au bling-bling… « Oui, il incarne un nouveau moment du football français, une forme d’union nationale dont nous ne sommes pas coutumiers »

Cette identification positive à Mbappé enthousiasme L’Equipe…

Qui n’oublie pas de mentionner les parents du joueur : Fayza, d’origine algérienne, et Wilfrid, né au Cameroun… Ses parents restent attachés à leur origine sociale et à une ville à laquelle ils ont consacré près de 25 ans de leur existence. Lui comme éducateur sportif, entraîneur de foot, elle comme animatrice dans les centres de loisirs…
Le passage de 2 heures hier du champion s’est terminé par la Marseillaise interprétée par les enfants du Conservatoire où Mbappé a passé 2 ans (d’ailleurs, il est reparti de Bondy avec en cadeau une flûte traversière).
Sur la Une du Parisien, la photo de l’attaquant star s’adressant aux jeunes: « Croyez en vos rêves »… Et en plus gros celle de Jean-Luc Mélenchon s’adressant en hurlant, le visage déformé, à un policier gardant la porte du parti (et gardant aussi le plus grand calme) : « L’outrance » est écrit en gros…

Mélenchon cible de toute la presse (ou presque)

Personne ne défend son attitude, mais il y a quelques nuances, on va voir…
La réprobation est sans appel : Le Parisien, toujours, parle d’un outrage à la République.
Sa fureur (applaudie par Marine Le Pen) a mis au jour l’union sacrée des populismes français, ceux qui abhorrent la République, avance Nicolas Charbonneau.
Pour Yann Marec du Midi Libre, le leader de la France insoumise a dévoilé son vrai visage, et il s’est autodétruit en direct.
L’inquiétant M. Mélenchon, écrit Jean-Michel Bretonnier de La Voix du Nord. Il nous inquiète d’abord pour lui-même. Il nous inquiète ensuite pour nous-mêmes, quand il prend ses fantasmes de persécution pour la réalité. Son attitude est grotesque, indécente, indigne.
« Les gens » finiront sans doute par le mettre face à ses contradictions, note Olivier Auguste de L’Opinion : prétendre écrire la loi et menacer les policiers chargés de la faire respecter, réclamer l’Etat de droit pour tous et intimider un procureur lorsqu’il s’agit de lui-même…

Vous évoquiez des nuances ?

L’Union de Reims reprend les critiques (du moins sur les interrogations) sur la République des juges qui tiennent dans leurs rets la vie politique…
Autre nuance de taille dans le journal de la ville qui a élu Jean-Luc Mélenchon : La Provence…
Qui devient fou ? Est-ce la justice, interroge Franz-Olivier Giesbert qui (sans croire à un complot politique ourdi contre le député de Marseille) dit son malaise devant le déploiement policier lors des perquisitions. Une débauche de moyens, selon lui.
Ardent défenseur de la présomption d’innocence, l’éditorialiste estime qu’elle est devenue lettre morte dans notre pays : le justiciable est condamné d’avance comme au temps du tribunal révolutionnaire instauré par Robespierre au comble de la Terreur…

Robespierre justement, il en est question à l’occasion de la sortie du livre du philosophe Marcel Gauchet…

L’Incorruptible suscite toujours les passions, la France insoumise l’adule, rappelle L’Obs qui présente l’essai « éclairant » de Marcel Gauchet… que l’on retrouve interviewé par Le Figaro littéraire…
Et il dit ceci : « On peut soutenir que Robespierre est en France le véritable inventeur du ‘populisme’. Il idéalise le peuple en faisant coïncider un principe politique (la souveraineté du peuple) avec un principe moral (la vertu). Robespierre tire manifestement sa force intérieure de cette conviction narcissique d’incarner le peuple à lui tout seul. »
Fin de citation.
Toute ressemblance à une personne existante est laissée à votre appréciation…

Mélenchon ne fait pas toutes les Unes, Macron est à l’honneur dans Le Figaro…

« Macron peine à trouver un second souffle », titre Le Figaro, sondage à l’appui…
Le Figaro revient sur l’incident technique qui a plongé le Chef de l’Etat dans un clair obscur…
Le Caravage, disiez vous Guillaume…
Un éclairage à la Rembrandt, pour Le Figaro.
Paris Match précise qu’à la 3ème prise, Emmanuel Macron avait… fermé la fenêtre derrière lui, ce qui a tout dérèglé apparemment alors que la lumière du jour avait décliné…
A l’Elysée aussi, une fenêtre doit être ouverte et fermé, c’est comme dans la comédie en 1 acte d’Alfred de Musset « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».
La marquise au comte qui cherche à la séduire : « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. Or, voilà trois quarts d’heure que celle-ci, grâce à vous, n’est ni l’un ni l’autre, et cette chambre est parfaitement gelée. Par conséquent aussi, vous allez me donner le bras pour aller dîner chez ma mère… »

Michel Grossiord