La revue de presse… Il y a l’Histoire en marche, et les pages de légende… Le choix majoritaire de la presse se porte sur les pages de légende…
Pour preuve, l’accumulation de Unes sur… les pages glorieuses écrites par les Bleus il y a 20 ans… plus nombreuses que celles sur la rencontre Trump-Kim !
Séquence nostalgie… La fièvre du Mondial 1998, c’était les foules lilloises chavirant de bonheur, rappelle en images Nord Eclair…
Tout au sud, La Provence se souvient aussi, 20 ans tout juste après le premier match joué au stade Vélodrome, « là où tout a commencé », dit le journal… Le Mondial a permis à Marseille de s’ouvrir au monde, assure le maire Jean-Claude Gaudin…
Un monde tout foot, titre Le Courrier Picard alors que Le Parisien savoure par avance le match des légendes ce soir : nos champions du monde lors d’une soirée de gala…
Une France tout foot, ce n’est pas que du sport !
Réalité ou légende (là encore ?). Le Parisien avance que toutes proportions gardées, le succès de 1998 ressemblait à un acte de foi national aux symboles délicieux. Des joueurs de toutes origines, des Basques et des Provençaux, des fils de Kabyles et de Bretons, des Blancs, des Blacks et des Beurs, solidaires comme une cordée d’alpinistes qui ont uni leur destin pour le prestige d’un pays dont ils sont tous les mêmes enfants…
L’image d’une France multiculturelle Black, Blanc, Beur avait vite été contestée voire démentie… mais Le Parisien s’accroche à ce beau souvenir…
En 2018, le pays renvoie une tout autre image, insiste ce matin Le Figaro en revenant longuement sur le concert du rappeur Médine au Bataclan qui fait scandale…
Concert qui divise la presse…
C’est quoi tout ce bataclan ? fait mine de s’interroger Libération pour qui le rappeur mériterait d’être écouté avant de dégoupiller… Ecouter d’abord… ses explications ? Le chanteur a reconnu être allé parfois trop loin, mais c’était de la provocation et de l’ironie à ne pas prendre au premier degré…
Ecouter… ses textes ? Pour Le Figaro, Médine « baigne dans un imaginaire victimaire et post-colonial ». A l’Occident oppresseur, il oppose bien les « martyrs de l’islam dont il exalte la fierté et la combativité ».
Pour Alexandre Devecchio, le rappeur qui se définit lui-même comme « islamo-caillera » est, je cite, « révélateur de l’aliénation profonde de toute une partie de la société et le symptôme de la sécession culturelle en marche dans les banlieues ». Fin de citation.
Le Mondial 2018 redonnera-t-il à la France l’envie ou l’illusion d’un « acte de foi national », selon la formule du Parisien ? Réponse en fonction du parcours des Bleus en Russie…
On fête 1998, en revanche l’anniversaire de mai 1968 a fait un flop…
Une page dans Les Echos sur le grand flop éditorial. Pourtant plus de 150 livres sont sortis… La plupart des éditeurs ont la gueule de bois…
Un éditeur se risque, protégé par l’anonymat, a constater qu’on n’en peut plus des acteurs de mai 68 : « ils ont trusté la parole, les postes, le pouvoir. On n’en peut plus… »
Féroce, et à visage découvert, l’écrivain et éditeur Pierre Assouline avance qu’en mai 68, il n’y a pas eu de héros, juste des têtes d’affiche…
Au rayon librairie, nous verrons quel sera le succès de l’ouvrage de… Bixente Lizarazu qui publie « Mes prolongations ». Le joueur s’explique dans Le Parisien : il déclare par écrit sa flamme pour ses glorieux coéquipiers d’il y a 20 ans.
Livre encore : Le poids des mots du président.
Le Figaro interroge les auteurs du portrait d’Emmanuel Macron à partir de l’étude de centaines d’heures de discours… Un tic de langage a été relevé : il aime bien utiliser le mot sel…
« Le sel » de la zone euro, de la fonction publique, des institutions, de la résistance, du modèle social…
Pour les auteurs, ça semble renvoyer à l’idée que tout est un peu fade et que la présidence Macron va assaisonner la vie publique. Parfois, cela en devient absurde comme quand il explique que « le sel ne sale plus »…
Emmanuel Macron est justement attendu sur deux discours…
Discours demain à Montpellier sur sa politique sociale… Pour « siffler la fin du match et des prises de paroles qui vont dans tous les sens », précisent Les Echos…
Discours, mais la date n’est pas encore connue, sur l’islam… Le Figaro de s’impatienter pointant un embarras du président de la République…
La Croix épingle de son côté le silence français sur le bateau de migrants repoussé par l’Italie… « C’est finalement l’Espagne qui a sauvé l’honneur de l’Europe en ouvrant un de ses ports », écrit Guillaume Goubert, alors que plusieurs éditorialistes (Le Journal de la Haute Marne, L’Alsace ou encore La Charente Libre) tout en trouvant choquante la méthode italienne lui trouve un mérite : pousser l’Europe à trouver rapidement des solutions et à sortir de sa léthargie…
Enfin, on a beaucoup parlé des légendes… Une nous a quittés : Yvette Horner !
Légende de l’accordéon…
La célèbre accordéoniste est décédée à l’âge de 95 ans…
Elle avait commencé sa carrière en 1947….
Meilleur article pour lui rendre hommage, celui de Léna Lutaud du Figaro…
« Les souffle de l’accordéon est comme le battement de mon cœur », disait Yvette Horner joliment.
Elle avait décroché à Tarbes un premier prix de piano au Conservatoire. A seulement 10 ans, elle adore Mozart, Liszt et Bach. Mais sa mère a un sens du marketing certain : elle lui impose d’apprendre l’accordéon. « Des accordéonistes femmes, il n’y en a pas et là, tu te feras une situation ».
Michel Grossiord