La Revue de Presse du jour – 01/04/2019

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

La revue de presse avec l’entrée d’une tueuse au gouvernement !

Stupéfaction. Cette affirmation de Christophe Castaner, ministre des crimes et délits, au sujet de Sibeth Ndiaye nommée porte-parole du gouvernement : « Elle est l’une des seules à dire à Macron franchement les choses. Et elle pourrait tuer pour lui » (elle a reconnu qu’elle pourrait mentir pour lui)
(ce commentaire de Christophe Castaner est rapporté par Les Echos qui évoquent les 3 nouveaux « entrants » qui vont vivre ce lundi matin leur premier conseil des ministres, on lit un peu vite les 3 enfants du macronisme, Amélie de Montchalin aux Affaires européennes et Cédric O au numérique)
Trois proches, souligne toute la presse, Le Figaro, Le Monde qui note qu’Emmanuel Macron prend le risque d’alimenter le discours de ses détracteurs sur son enfermement à l’Elysée…

Le passage de conseiller spécial à ministre est aussi commenté…

Il vient accréditer la thèse de la dévaluation organisée de la fonction de ministre, selon Les Dernières nouvelles d’Alsace : le poste de ministre semble aujourd’hui réduit au rang de chef de service, avec moins de pouvoir peut être…
Le grand sujet du jour, concernant Emmanuel Macron, reste sa célébration de « la leçon de courage » donnée par les résistants du plateau des Glières en 1944…
Satisfaction de La Croix qui salue un choix pertinent, l’articulation équilibrée entre mémoire et histoire… Un discours bienvenu sur le sens et la portée du sacrifice de ces résistants et les leçons à en tirer : un héritage.
« Deux présidents pour un symbole », titre Le Dauphiné libéré… Emmanuel Macron et… Nicolas Sarkozy… Mais le souci de rassembler avait une limite puisque François Hollande n’avait pas été convié, selon le JDD…

François Hollande qui fait de la cruauté envers son successeur une spécialité !

« Diriger la France, je l’ai éprouvé, est un exercice difficile », reconnaît François Hollande dans Le Parisien… « Un exercice difficile qui suppose de bien comprendre notre pays »…
Ah, une pique…
« Le résultat au bout de 2 ans n’est bon ni pour la vitalité économique, ni pour la cohésion sociale. A vouloir tout bousculer, tout s’est arrêté ».
2ème pique.
Et elles s’enchaînent, sur la gestion de la taxe carbone, sur le maintien de l’ordre, sur le recours à l’armée…
François Hollande dit qu’il intervient pour alerter du danger de l’extrême-droite qui finira par arriver au pouvoir quand les gens diront « on a tout essayé »…
C’est là que François Hollande reçoit aussi sa part de commentaires sévères : Le Point évoque sa « navrante » interview, jugeant même qu’il sombre dans le ridicule… Le Point, sous la plume de Sophie Coignard, le renvoie à son propre bilan…

Justement, François Hollande parle de ses erreurs…

Précisément, c’est au sujet du Parti socialiste qu’il déclare dans Le Parisien : « Si j’ai une certitude, c’est que pour convaincre les Français, il faut être soi-même, assumer ce que l’on a été, y compris ses erreurs… »
En fait, François Hollande renvoie le PS a ses erreurs…
On est à la page Santé-Psychologie du lundi du Figaro, qui répond à la question ce matin : « Savoir prendre du recul… jusqu’où ? »
Les questions voisines ne sont pas loin : est-ce en se déchargeant sur l’autre que l’on se libère de sa responsabilité ?
On pourrait aussi jouer au jeu des citations, à propos des anciens présidents Hollande et Sarkozy… Maurice Chevalier avait déclaré que « l’âge mûr est le plus beau de tous… On est assez vieux pour reconnaître ses erreurs passées, mais encore assez jeune pour en commettre de nouvelles »…

Nicolas Sarkozy, parlons-en, car son duo est d’une autre nature que celui avec François Hollande…

A quel jeu de dupes jouent-ils donc ? s’interroge Serge Raffy de L’Obs.
Pour Emmanuel Macron, jouer de la mandoline sous la fenêtre de Nicolas Sarkozy, a un but transparent : poursuivre inlassablement le travail de sape de la droite française, l’assécher jusqu’à l’extinction des feux…
C’est la vieille stratégie du boa constrictor : je t’endors, je t’embrasse, je t’avale et je te tue…
Mais quels sont les objectifs de Nicolas Sarkozy ? Serge Raffy ne le voit pas céder au mythe du copain-copain. Le baiser qui tue a des limites, d’ailleurs, Le Figaro rapportait samedi les inquiètudes sinon la conviction de Nicolas Sarkozy que tout cela peut mal finir, et que la droite doit être prête à reprendre le pouvoir…

Puisque nous sommes dans la politique sous l’angle des relations tumultueuses, un détour par la gauche…

Libération craque. « Moi gauche et méchant »… titre ce journal lassé de la désunion de la gauche pour les Européennes et surtout de leurs attaques violentes les uns envers les autres malgré des convergences de fond…
La gauche gros gnons…
Edito titré Cour de récré…
Hamon, Mélenchon, Glucksmann, Jadot, le communiste Ian Brossat sont en photo sur la première page… Ainsi que… François Hollande qui, écrit Libération, marche au cas où une porte s’ouvre… Un ancien député PS affirme que « François Hollande ne lâchera rien », et rapporte cette phrase d’un de ses collègues : « François n’a aucun affect. Tu peux lui pisser sur les chaussures, s’il considère que cela n’a pas d’importance et que ça n’a aucune conséquence pour lui, il continuera à marcher conséquence pour lui, il continuera. Mais il n’oubliera pas. »
Plus poétique cette manchette de Libé Moi gauche et méchant, pastiche du film « Moi, moche et méchant »…

 

Michel Grossiord