Jean-Christophe Lagarde « Une victoire du FN, ce serait un suicide collectif »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI
Invité de Guillaume Durand

« Une victoire du FN, ce serait un suicide collectif »

Extraits :

A propos d’une possible victoire du Front national

« Je pense que le risque existe (…) Le paradoxe c’est qu’on a d’abord comme priorités de faire baisser le chômage, redresser l’école, il se trouve que le programme du FN est à la fois incohérent, ruineux, ce serait un suicide collectif pour la France. Je pense que Marine Le Pen est aujourd’hui le thermomètre des insatisfactions françaises, des frustrations, du ras de bol des Français et donc rien ne l’atteint, les affaires… c’est le seul parti politique qui fait lieu aujourd’hui de plusieurs enquêtes pour escroquerie en bande organisée et ça ne perturbe personne parce que personne n’espère en Le Pen si ce n’est de déverser sa colère.»

A propos des emplois fictifs du FN au Parlement européen

« Quand il y a une règle, une loi, on doit la respecter. On peut la combattre, on peut vouloir la changer mais si madame Le Pen demain était présidente de la République elle ferait des lois et elle autoriserait tout le monde à les enfreindre ? Et puis excusez-moi mais escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics, je ne sais pas ce que donnera l’enquête mais ce n’est pas rien. Les règles européennes n’ont pas été fixées par les socialistes mais par l’ensemble du Parlement européen car il y a souvent des accords dans un parlement pour avoir des règles de vie collectives et elles sont souvent plus saines que celles du Parlement français.»

A propos de la candidature de François Bayrou

« Je ne sais absolument pas ce que fera François Bayrou. (…) Il a une petite équipe qui sait ménager le suspense pour permettre la prise de parole de François Bayrou. Mais soyons simples : est-ce que François Bayrou sera candidat ou non, je n’en sais rien. (…) Nous avons participé il y a une dizaine d’années à ses campagnes, ce n’est plus notre histoire. S’il était candidat ça ne changerait finalement pas grand-chose. (…) Potentiellement sa candidature prendrait 1% à Macron, 1% à Fillon, 1% à Le Pen, 1% à Mélenchon, c’est assez neutre sur le résultat. (…) Il y a un mois et demi il envisageait de soutenir François Fillon, aujourd’hui il l’exclut. Il ne lui reste que la solution de soutenir monsieur Macron, ce qui après tout serait assez cohérent avec le choix qu’il avait fait de voter François Hollande et peut-être de vouloir entrer ou former une coalition. (…) Si nous avons choisi de soutenir François Fillon c’est pour un projet politique parce que l’élection présidentielle ce n’est pas l’élection d’un sauveur. François Fillon ne sera pas le sauveur de la France. Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Benoît Hamon non plus. Il n’y aura pas de sauveur dans cette affaire. Il y a besoin d’un programme. »
(…)
« Je n’ai aucune honte à dire que François Bayrou est en train de discuter d’élections législatives me semble-t-il avec Emmanuel Macron. »

A propos des accusations portées sur François Fillon

« La majorité des députés de l’Assemblée nationale ont saisi le déontologue de l’Assemblée nationale pour savoir si François Fillon avait enfreint les règles. Le déontologue est une personne neutre nommée par Claude Bartolone. Il a dit hier que François Fillon avait parfaitement respecté les règles de l’Assemblée nationale. (…) On est dans un contexte particulier : on est juste avant l’élection présidentielle et les Français doivent juger s’ils considèrent que ça disqualifie François Fillon, moi je ne le crois pas. (…) Et puis si ce n’est pas François Fillon, quelle est l’autre option ? L’option c’est Marine Le Pen et le suicide collectif de notre économie et de notre société ? Ou l’option c’est Emmanuel Macron qui revendique hier l’immaturité politique pour représenter la France, dans un monde aussi dangereux ? (…) Vous avez aujourd’hui un président des Etats-Unis qui dit vouloir démolir l’Europe, il veut séparer nos 27 pays pour faire en sorte d’imposer ses intérêts, nous faire perdre nos emplois et nous imposer sa loi. (…) On a besoin d’avoir quelqu’un qui a un peu de maturité et d’expérience et qui a un projet politique. On ne peut pas être dans l’improvisation permanente.

A propos de la radicalisation en France

« C’est une guerre. Les difficultés sur la déradicalisation, les échecs, ce n’est pas que français. On est face à un phénomène nouveau, face à ce qu’on a connu à la fin de la seconde guerre mondiale avec des nazis parfaitement fanatisés. Pour moi il y a deux solutions : ceux qu’on ne parvient pas à dé-fanatiser il faut les laisser en prison (…). Et puis si l’on parvient, comme on l’a fait avec les jeunesses hitlériennes, à les ramener dans le champ de la société tant mieux.

A propos de l’accord avec les Républicains

« Nous souhaitons construire un accord avec Les Républicains sur un projet : construire une gouvernance de la zone euro ; contrôler nos frontières en commun ; développer des stratégies industrielles en commun. (…) Nous n’avons pas de grands Google européens, nous dépendons des Américains. Est-ce qu’il y a des stratégies industrielles sur l’énergie ? Ça fait partie des discussions. Un courant d’idées comme le nôtre a besoin de s’incarner à l’Assemblée nationale pour défendre ses projets. (….) On va retrouver le niveau d’alliance que nous avions formé aux départementales et aux régionales. Les Républicains sont supérieurs en « nombre » mais l’UDI est indispensable à la victoire. On est dans un équilibre assez classique, on est en train d’y parvenir. »