Ce matin à 8h15 sur Radio Classique
Gérard Collomb, maire de Lyon
Invité de Guillaume Durand
« Débat : Les fragilités étaient du côté de Marine Le Pen »
Extraits :
A propos du débat d’hier soir
«Emmanuel Macron avait prévu les attaques de Marine Le Pen. C’est-à-dire que ce qu’elle a dit, il l’avait écrit à l’avance et il savait que ce serait une charge totale. Pendant les deux minutes, il s’est abstrait et a laissé Marine Le Pen avancer. Après, il a enchaîné avec ses propositions. On en a vu une qui était dans la dénonciation permanente, qui attaquait et l’autre qui était dans la proposition. Cela m’a fait penser à ces matchs de boxe : vous avez un boxeur vieillissant qui sait qu’il doit porter le coup décisif car il sait qu’il ne tiendra pas la distance, alors Marine Le Pen était là et faisait de grands gestes pour essayer d’effondrer Emmanuel Macron et finalement plus le débat avançait, plus elle se fatiguait et moins les arguments étaient percutants. On voit bien que les fragilités étaient du côté de Marine Le Pen. (…) Il y a une part de spontanéité, mais on avait essayé de préparer quand même de manière sérieuse ce débat et ça se voyait parce Marine Le Pen avait un dossier épais comme ça alors qu’Emmanuel Macron avait tout dans la tête, et on a bien vu que ses propositions pour la France il les avait mûries depuis longtemps. (…) Il fallait ce débat, cela montrait l’absence de propositions de Marine Le Pen. Chaque fois qu’il lui demandait d’expliciter son programme, chaque fois elle ne pouvait pas et reculait et essayait à nouveau de dénoncer Emmanuel Macron. Ce n’est pas comme cela que l’on peut faire. Chaque fois qu’elle s’avançait sur une proposition c’était une véritable catastrophe, par exemple sur l’euro – tous les Français comprenaient que ça ne rimait à rien d’avoir deux monnaies. A un moment donné elle s’est complètement emmêlé les pinceaux et elle a même fait ressurgir le Mark qui venait d’on ne sait où. »
A propos de la base électorale d’En Marche pour les législatives
«Oui, elle s’est élargie. Déjà, Marine Le Pen a eu le tort d’attaquer tout le monde, les Républicains, Fillon, les centristes, et de l’autre côté, par ses propositions civilisationnelles – et son obsession de l’Islam en France qui dépasse toute perspective – elle ne parlait pas aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon. Moi j’ai entendu ce matin beaucoup de ceux qui étaient pour le ni-ni dire cette fois ci « on y va ». La base s’est élargie.
(…)
« Lorsqu’un président est élu, les Français lui donnent une majorité et se disent qu’il faut qu’il réussisse, en particulier dans cette période si grave avec 3 millions et demi de chômeurs. Oui, ils vont donner à Emmanuel Macon une majorité.
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« Depuis quelques semaines, Emmanuel Macron pense à élargir sa majorité. Pour faire face aux problèmes de la France il importe d’avoir une majorité large et il va chercher à la construire. Ce qui a empêché les réformes de se faire depuis une quinzaine d’années, c’est que celui qui était élu avait une base extrêmement étroite, sa véritable base n’était pas le chiffre du second tour, c’était le chiffre du premier. Si on n’élargit pas, on se trouve très vite dans l’incapacité de mener des réformes et il a conscience de cette situation et souhaite faire un regroupement, un rassemblement large. »
(…)
« Il faut garder l’assise centrale d’En Marche mais en même temps l’élargir et essayer de créer un peu ce qui a été fait en Italie , un grand parti démocrate où vous avez plusieurs sensibilités, les anciens communistes, les sociaux-démocrates, les chrétiens démocrates, où tous cela se rassemblent pour porter un projet de rénovation du pays ».
A propos du premier ministre d’Emmanuel Macron
« Emmanuel Macron était dans son débat il va maintenant réfléchir à la composition de son gouvernement et fera un certain nombre de propositions. Moi j’ai été maire de Lyon depuis 16 ans, une ville qui avait connu beaucoup de problèmes de désindustrialisation – aujourd’hui on croit que Lyon est une ville de toute éternité riche et prospère. On avait vu fermer le textile, la chimie, la métallurgie et moi j’ai commencé dans un arrondissement où il n’y avait plus une seule entreprise. Et on a remis la ville debout. Je crois que ce qu’Emmanuel Macron va faire pour la France c’est exactement la même chose donc cela rentre en concordance, mais ce n’est pas pour cela qu’il songe forcément à faire de Gérard Collomb son premier ministre. Quel que soit le cas de figure je serai aux côtés d’Emmanuel Macron, j’étais à ses côtés il y a un an et je le serai demain, pour qu’il réussisse. »
A propos de Jean Louis Borloo
« Si effectivement demain il venait dans la majorité présidentielle, j’en serais le premier heureux. »
A propos des Républicains
« Au départ dans la primaire de la droite vous aviez deux candidats de poids, Sarkozy et Alain Juppé, il se trouve qu’ils ont choisi celui qui était le plus faible et qui s’est révélé encore plus faible (…) Quand en plus, on se radicalise et on se retrouve avec la frange la plus extrême autour de Sens Commun, c’est difficile de rassembler largement les Français. Ça a été ça l’échec qui est dénoncé aujourd’hui par toute une série de membres des Républicains.»