Ce matin à 8h15 sur Radio Classique
Florian Philippot, vice-président du Front National
Invité de Guillaume Durand
«Emmanuel Macron a un vocabulaire d’extrême-droite, une violence, une hystérie, une incapacité à maîtriser ses nerfs.»
Extraits :
A propos du débat télévisé de demain soir et d’Emmanuel Macron
«Marine Le Pen souhaite un débat de fond intéressant, je ne sais pas si cela sera possible avec monsieur Macron, parce que le masque de la bienveillance autoproclamée est tombé et il est maintenant dans une violence verbale, presque d’hystérie. Emmanuel Macron a un vocabulaire d’extrême-droite : quand il parle d’anti-France, je ne sais pas s’il sait que c’était le vocabulaire de Vichy. Il a un vocabulaire d’extrême-droite, une violence, une hystérie, une incapacité à maîtriser ses nerfs. Marche ou crève oui, quand vous augmentez la CSG de tout le monde et que vous allez accabler 60% des retraités avec une augmentation de la CSG, oui, c’est compliqué, c’est difficile. Quand vous voulez taxer beaucoup plus l’assurance vie comme il veut le faire, oui c’est marche ou crève. Quand vous voulez dynamiter le droit du travail comme il veut le faire avec une ordonnance El Khomri dès les premiers jours, sans débats parlementaires, oui c’est marche ou crève.»
A propos des économistes qui dénoncent l’infaisabilité et la dangerosité du programme économique de Marine Le Pen
«C’est la table de la Rotonde, du Fouquet’s. C’est les Echos, c’est Bernard Arnault qui a annoncé sa volonté de soutien à Macron. C’est le grand patronat. Nous on est là pour les PME ; ce n’est pas nous qui avons fait partir les fleurons nationaux, c’est monsieur Macron quand il était ministre de l’économie de monsieur Hollande (…). Nous on veut mettre en place au contraire un fond souverain français pour protéger nos fleurons nationaux et les conserver au maximum français. Qui est en train de regarder passivement la délocalisation de Whirpool ? Macron. Qui n’a rien dit aux ouvriers en allant là-bas ? Macron. (…) Très souvent dans les grandes boîtes mondialisées, les arbitrages ne se font plus en fonction d’intérêts industriels ou d’innovations, mais en fonction d’intérêts purement spéculatifs et financiers. Ça donne les délocalisations. Nous on ne veut pas un président de la finance, on veut un président de la France.»
(…)
Les Français maintenant doivent décrypter ce pseudo système démocratique. Là on va chercher des amis du candidat, on leur fait signer une tribune anxiogène comme ils l’ont fait avant le Brexit, comme il l’avait fait en Suède en 2003 avant le referendum sur l’euro. Les même grands patrons suédois disaient « ce sera la catastrophe, on devra délocaliser » : ils n’ont pas adopté l’euro et ces grands patrons n’ont pas délocalisé. Ça c’est du chantage. »
(…)
« La dévaluation – qui sera plutôt une dépréciation monétaire – sera selon le FMI de 7% à 10% et sera excellente (…). Après le vote du Brexit, quand il y a eu une dépréciation de la livre de 15%, tous les mêmes ont crié à la catastrophe et regardez cela a entrainé une augmentation massive des exportations britanniques, beaucoup plus de tourisme et une création d’emploi. Aujourd’hui le Royaume-Uni a le plus faible taux de chômage depuis 42 ans.
A propos de l’euro
«Le volet monétaire nous l’aborderons à partir de septembre puisque nous attendons de savoir quelle majorité législative aura l’Allemagne suite à leurs élections de septembre 2017. (…) Peut-être que les gens pensaient, jusqu’à il y a une semaine, qu’on voulait sortir le lendemain de l’élection présidentielle de la monnaie unique etc, ce qui n’aurait pas de sens. Maintenant ils savent qu’il y a des négociations puis un referendum, c’est eux qui choisissent Pendant ces 6 mois de négociations ont peut faire des choses, par exemple tout de suite on va abroger la loi El Khomri. Tout de suite on pourra augmenter les petites retraites, tout de suite, nous pourrons baisser de 10% les trois premières tranches des impôts sur le revenu. Tout de suite, on pourra faire la réforme territoriale pour supprimer les conseils régionaux et les intercommunalités et faire baisser les impôts locaux, créer plus de démocratie de proximité etc. On peut le faire tout de suite et pendant ce temps-là on négocie pour retrouver notre liberté de peuple, parce que sinon nous sommes sous dictature européenne.»
A propos des accusations de plagiat d’un discours de François Fillon par Marine Le Pen
«Ce sont de petits extraits qui ne sont pas programmatiques. C’est totalement assumé. On fait de petits clins d’œil. Il y a des passages de monsieur Fillon sur l’identité de la France qu’on trouvait émouvant, et bien écoutez on fait ce petit clin d’œil pour lancer un débat de fond, ça fonctionne manifestement. L’identité de la France, sa culture, nous on y croit. Monsieur Macron lui n’y croit pas, il croit qu’il n’y a pas de culture française.»
A propos des accusations reliant l’histoire des années 30 et le FN
«Ressortir les années 30 et je ne sais quelle idéologie épouvantable de l’époque ça ne trompe plus les Français. Ceux qui veulent faire campagne sur les années 30 alors qu’on est en 2017 – comme monsieur Macron ne cesse de le faire- et aller jusqu’à instrumentaliser des morts montre qu’il n’a aucun argument. Qu’est-ce qu’il répond sur l’emploi ? Sur le terrorisme islamiste ? Il n’en parle même jamais. Rien. Rien à dire. Le lendemain de l’assassinat odieux de Xavier Jugelé, il a dit sur RTL : « oh je ne vais quand même pas inventer un programme sur le terrorisme islamiste cette nuit !».
A propos de Jean-Marie Le Pen
«Nous avons exclu Jean-Marie Le Pen. Ses propos engagent Jean-Marie Le Pen. Nous avons pris nous nos responsabilités. Par contre Emmanuel Macron devrait se défaire d’une partie de ses soutiens comme l’UOIF. Je rappelle que les islamistes de l’UOIF appellent à voter Macron comme l’a fait Hani Ramadan. Je n’ai pas entendu de condamnations de la part de l’équipe Macron ni du candidat.