Didier Guillaume « Le PS a explosé »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Didier Guillaume, président du groupe socialiste au Sénat

Invité de Guillaume Durand

« Le PS a explosé »

Extraits :

A propos du PS

« Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, nous sommes dans une décomposition des partis politiques traditionnels. Le PS a explosé et se déchire et les Républicains exploseront le lendemain des législatives. Tout cela pour plusieurs raisons. Des gens à l’intérieur de ses deux partis ne s’entendent pas. »
(…)
« Par rapport à ce que Manuel Valls est comme homme politique, ce qu’il a donné, fait pour la gauche, je pense que ce qu’il prend sur la figure est une honte. Les socialistes feraient mieux de se remettre en cause eux-mêmes. Le rôle du parti n’est pas de savoir s’il faut exclure tel ou tel. »
(…)
« Le PS n’a pas réussi à imposer le fait majoritaire. Les frondeurs ont empêché le gouvernement d’avancer, de prendre des décisions. Cela signifie un manque d’autorité évident du PS. »
(…)
« Est-ce que les socialistes sont aujourd’hui dans la majorité ou dans l’opposition à Emmanuel Macron ? Il faut une clarification. »
(…)
« Je suis socialiste mais veux soutenir le Président de la République et serai dans la majorité parlementaire comme sénateur socialiste au même titre qu’une large majorité des socialistes. Nous sommes nombreux à souhaiter que ce quinquennat réussisse. »
(…)
« Le PS d’Epinay est mort. Il ne pourra plus continuer à fonctionner de la sorte. Mais il faudra bien demain un parti social-démocrate qui transcende ces clivages. »

A propos d’Emmanuel Macron

« Nous ne croyions pas à l’époque que partir sans aucune organisation politique pouvait amener à être Président de la République. Macron a eu cette intelligence, cette vista et a senti le peuple. Les circonstances l’ont peut-être aidée mais il a réussi quelque chose d’exceptionnel. »
(…)
« Macron a plus dit droite et gauche, que ni droite ni gauche. C’est la raison pour laquelle il aura besoin de voix de droite et de gauche pour l’élection législative. De la même manière qu’au niveau local, il devra gérer avec la droite et la gauche. Jusqu’à récemment nous pensions qu’au niveau local, on s’embrassait sur les joues et qu’au niveau national, il fallait des postures pour de la confrontation entre la droite et la gauche. Pour la première fois, cette élection législative ne se passe pas en opposition frontale entre les partis politiques mais se place dans un rassemblement de projets. Tant mieux si des gens de droite et de gauche travaillent ensemble. Cette notion de progressiste et de progressisme me va bien. »
(…)
« Il veut changer la façon de faire de la politique et veut aller vite. Les ordonnances nécessitent l’aval de l’Assemblée. Donc s’il légifère par ordonnance, c’est que les Français auront donné une majorité à Emmanuel Macron. Il faut avancer, reformer et non pas tergiverser.

A propos de Jean-Luc Mélenchon

« Il fait ce qu’il a à faire mais a commis une faute morale et politique en n’appelant pas clairement à voter pour Emmanuel Macron contre l’extrême droite. Cela montre qu’il est habité par autre chose, sa propre ambition personnelle et son mouvement. »
(…)
« Il est parti vers autre chose, à Marseille. »
(…)
« Ce que je souhaite c’est que celles et ceux qui veulent transformer le pays se rassemblent. Mélenchon, ce n’est pas ça. Il veut être dans l’opposition comme Benoît Hamon tandis que moi et beaucoup d’autres voulons être dans la majorité. »

A propos des candidatures d’En Marche qui seront révélées aujourd’hui

« Il est difficile de faire des choix, de trancher… Et puis il y a eu un afflux. Beaucoup de socialistes ont demandé l’investiture par cohérence politique en signifiant qu’il voulait faire partie de la majorité présidentielle. »
(…)
« Plus de la moitié de nouveaux, je trouve ça formidable. »

A propos de François Hollande

« Lorsqu’on est au pouvoir et qu’il faut prendre des décisions difficiles, l’opposition gagne toutes les élections. Je ne sais pas si cela peut durer. »
(…)
« A mon sens, le virage économique n’a pas été assez assumé. »