Bernard Accoyer « Pour ceux qui recommandent de ne pas voter contre Madame Le Pen, les procédures d’exclusion sont en marche »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains
Invité de Guillaume Durand

« Pour ceux qui recommandent de ne pas voter contre Madame Le Pen, les procédures d’exclusion sont en marche »

Extraits :

A propos de la campagne présidentielle

«Il y a eu une campagne présidentielle qui a été complètement occultée par les polémiques médiatico-judiciaires. On n’a pas pu parler du fond comme il l’aurait fallu. C’est une évidence que la campagne ne s’est pas déroulée normalement. »

A propos d’une éventuelle exclusion des élus Républicains qui rejoignent En Marche

« Je ne résonnerai pas du tout comme ça. Je suis à la tête d’une formation politique dans laquelle se retrouve des millions de Français. C’est une ligne de pensée, nous avons des valeurs que nous avons défendues de manière très difficile pendant la campagne présidentielle, maintenant il y a une échéance démocratique majeure, ce sont les élections législatives, et nous défendons nos idées, un programme, qui est en train d’être définitivement calé – qui sera peu différent de celui de François Fillon mais qui tient compte de tout ce qui compose notre formation. Notre devoir en tant qu’élus de cette famille politique est de servir ces idées et de les faire gagner aux législatives, ensuite arrivera un autre moment – et j’espère que la droite et le centre disposeront d’une majorité absolue, probablement au minimum d’une majorité relative, et à ce moment-là sera un autre temps. Mais pour l’instant nous n’avons pas le droit d’enjamber cette période qui est une nécessité pour la vie démocratique française.»

A propos du vote contre Marine Le Pen au second tour

« Voter contre la candidate du FN c’est la consigne que nous avons donnée et donc qu’ils s’expriment pour le vote Macron est tout à fait normal, et c’est même une nécessité. Il y a ensuite les accords, les combinaisons, les ralliements (…). S’agissant de toutes recommandations pour ne pas voter contre Madame Le Pen, les procédures sont déjà en marche pour les exclusions. S’agissant des rapprochements avec notre adversaire politique – car Emmanuel Macron est le candidat de la gauche même s’il veut s’habiller d’un renouveau dont il s’est lui-même prévu, il reste un candidat de la gauche, il a un parcours et les convictions… (…) La campagne présidentielle ne s’est pas déroulée dans des conditions normales, nous n’avons pas pu débattre, quand nous allions sur des plateaux on parlait surtout des polémiques médiatico-judiciaires au lieu de parler des problèmes de la France. Maintenant ce débat nous devons l’avoir. Ce débat il est droite contre gauche.».

« Bien sûr que le président de la République a un pouvoir considérable mais il y a eu des cohabitations –il y en a déjà eu trois – et à chaque fois c’est la majorité à l’Assemblée nationale qui a déterminé la ligne politique. »

A propos du futur président des Républicains

« Il y a, à l’intérieur de notre famille politique, des sensibilités qui sont différentes. Après les législatives, j’ouvrirai un débat incontournable parce que nous devons choisir un nouveau président pour les Républicains. Ce qui me parait important c’est de comprendre comment nous en sommes arrivés là et pourquoi les Français se sont éloignés des responsables politiques et pourquoi nous avons commis tant d’erreurs. »

A propos de François Barouin

« François Barouin va coordonner la campagne, nous avons besoin d’un visage. C’est une personnalité ouverte, président de l’association des maires, il a une expérience politique malgré qu’il soit encore relativement jeune. C’est quelqu’un qui a été extraordinairement proche de Jacques Chirac, qui a été proche de tous ceux qui composent notre famille politique et rassemble. Il n’est le cheval de Troie de personne. (…) Aujourd’hui il y a une surveillance millimétrique de tout ce que font les uns et les autres (…) nous avons un devoir vis-à-vis de ceux qui nous font confiance, et après nous aurons la mission soit de gouverner si nous avons la majorité absolue soit d’examiner la situation, le moment venu après les législatives ».

A propos d’Emmanuel Macron

«De toute façon, il faut qu’il soit président de la République, parce que l’aventure de madame Le Pen – qui ne partage pas nos valeurs, nous ne partageons aucune de ses idées – serait une catastrophe immédiate pour les Français. Après, sera-t-il un président à la hauteur de la situation, je l’espère pour notre pays mais son parcours n’est pas celui d’un leader charismatique qui puisse rassembler notre pays à un moment où il en a besoin. S’il le faut nous prendrons nos responsabilités, le moment venu.»