Alexis Corbière : « L’unité de la gauche n’a plus vraiment de sens aujourd’hui »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon

Invité de Guillaume Durand

« L’unité de la gauche n’a plus vraiment de sens aujourd’hui »

Extraits :

A propos d’une alliance entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon

« Ce serait une erreur de voir l’avenir de la gauche se jouer dans le match Hamon / Mélenchon. »
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« Le fait qu’1 électeurs sur 2 n’a pas encore faire son choix constitue le fil conducteur de notre action. »
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« Il y a une bataille culturelle à mener. Une des difficultés est que le Parti socialiste est aujourd’hui un repoussoir pour beaucoup de gens. Nous devons donc être cohérents avec nos idées afin d’acter la rupture avec ce qui a été fait précédemment. »
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« Evidemment que dans le vocabulaire de Benoît Hamon, on voit qu’il puise des choses que nous portons depuis des années et qu’il combattait en 2012 aux côtés de François Hollande. »
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« François Hollande avait dit qu’il renégocierait le traité Sarkozy-Merkel au niveau européen qui était pour nous déterminant. Quel que soit ce que dit Hamon aujourd’hui, dans la mesure où il ne veut pas comme nous rompre avec ce Traité, mais le compléter, son programme ne peut pas exister. »
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« L’appel d’Arnaud Montebourg au retrait de la candidature de Mélenchon est feignant intellectuellement. Le problème est que son candidat fait la moitié du score d’Hollande et plutôt que de se poser le problème de savoir comment je vais chercher un électeur, il n’a qu’une chose à dire c’est retirez-vous tous. C’est du made in Solferino. »
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« Pour gagner un électeur, il ne suffit pas de lui dire des belles choses, il faut encore qu’il comprenne que celui qui le porte va respecter ses engagements, d’où l’exigence d’une VIème République. »
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« Les gens qui font confiance à Jean-Luc Mélenchon ne se rassemblerons pas derrière un candidat du Parti socialiste qui dit qu’il ne veut pas désobéir au Traité européen et que ses candidats aux législatives seront les mêmes que ceux ayant soutenu la politique de François Hollande. Peut-être que si Benoît Hamon pourrait tirer la conclusion que, si lui se retire, effectivement les gens pourraient se rassembler derrière un candidat commun. »
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« Si le candidat socialiste est à 13% aujourd’hui, c’est qu’il y a un obstacle qui n’est pas dû à son programme mais au fait qu’il apparait comme le candidat du parti de François Hollande. Pour débloquer la situation, les responsables socialistes pourraient tirer la conclusion que c’est eux le problème. Ca permettrait enfin d’avoir un rassemblement derrière quelqu’un d’autre. »
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« Je préfère Benoît Hamon à Manuel Valls et me félicite que nombre de choses qu’il dit sont quasiment du copié-collé de ce qu’on dit depuis un moment. Cela démontre que l’on a gagné une forme de bataille idéologique. »
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« Même si on se retirait, on arriverait à un piètre résultat. »
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« Le PS n’a plus de centralité. Il n’est pas vrai que la candidature d’Hamon satisfasse son aile droite ni qu’elle parle à des milieux populaires qui ont soupé de 5 années de PS, donc il est en difficulté. Il s’agit d’un problème culturel. »
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« L’unité de la gauche n’a plus vraiment de sens aujourd’hui. Il faut recréer une dynamique avec un programme qui donne envie de voter aux gens. Benoît Hamon pense que parce qu’il est le PS, il a la légitimité pour dire que c’est autour de lui que ça se passe. Je conteste cette affirmation. Il n’y aura plus de majorité populaire et progressiste qui se rassemblera derrière le candidat du PS. »

A propos d’Emmanuel Macron

« Lorsque je regarde sa politique économique et ce qu’il propose, ce n’est pas de la gauche. Mais les mots « droite » et « gauche » ont perdu leur signification. »

A propos de la marche du 18 mars en faveur de la VIème République

« Etre en dessous de 100 000 personnes ne serait pas un échec mais j’invite à ce qu’il y ait le plus de monde possible. Après, je me méfie des chiffres. On a vu Monsieur Fillon gonfler ses chiffres à l’hélium pour son rassemblement au Trocadéro.»
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« Cette marche sera décisive en ce sens que nous rentrons dans une nouvelle étape de la campagne. Et c’est important que la force que l’on a constituée se donne à voir pour montrer que c’est une grande force populaire, dynamique et entraînante. »
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« La VIème République est un des piliers de notre programme depuis des années déjà. Nous pensons que la question des institutions est centrale dans la mesure où elles continuent à faire peser un caractère autoritaire sur l’exercice du pouvoir. Ce principe du monarque présidentiel qui concentre beaucoup de pouvoirs ne peut plus durer. Il y a une telle défiance vis-à-vis de la représentation politique qu’il faut que les citoyens bénéficient de droits nouveaux tels que révoquer les élus en cours de mandat ; la prise en compte du vote blanc… C’est l’inverse de la démagogie. Le fait que des gens en responsabilité font l’inverse de ce pourquoi ils ont été élus fabrique du dégoût. »
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« Du fait de la dégradation de la Vème République, il y a une nouvelle génération politique à construire. Je trouve ça dangereux que les gens aient 40 ans de vie politique derrière eux. Je ne crois pas qu’un homme de 38 ans comme Emmanuel Macron, qui a fait carrière dans le pantouflage entre la haute administration et la banque incarne le renouvellement. Proposer l’uberisation de la société avec moins de code du Travail n’a rien de nouveau, on l’entend depuis le XIXème siècle. »
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« Je ne veux pas que mon pays tombe entre les mains de l’extrême-droite. Mais je pense qu’une politique libérale ou ultra-libérale comme Monsieur Fillon serait terrible et ne ferait qu’alimenter le désespoir sur lequel la xénophobie peut monter. »

A propos de l’admiration de Mélenchon pour des dictateurs comme Chavez ou Castro

« Premièrement, nous ne sommes pas des adorateurs de dictateurs. Et concernant le Venezuela vous ne pouvez pas dire qu’il s’agit d’une dictature.»
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« Concernant Cuba, ce n’est effectivement pas une démocratie mais il faut recontextualiser de manière géopolitique. Même si ce n’est pas notre modèle politique car nous souhaitons de la démocratie, il faut comprendre comment ce régime est né et comment des gens qui fuyaient des dictatures ont été accueillis à Cuba. Et les prisons ne regorgent pas d’opposants politiques aujourd’hui à Cuba. »
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« J’en ai assez que nos représentants aillent dans des dictatures comme l’Arabie Saoudite, le Qatar. Les journalistes ne commentent pas le fait que le Qatar possède un club de foot où là, c’est une dictature infâme et obscurantiste. »
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« Le modèle de Cuba n’est évidemment pas notre modèle. »

A propos du score de Mélenchon de 2012

« Les 11% n’ont pas servi à rien. Pour Mélenchon, il aurait été plus confortable de participer au gouvernement. Mais dès le départ, les orientations politiques de Hollande menaient dans le mur. On a vu le résultat et je demande aux électeurs de nous juger en fonction de ça. Nous, nous n’avons pas découvert une situation, on l’a constaté, en tirant dès le départ la sonnette d’alarme. »