Y aura-t-il suffisamment de chocolat à Pâques ?

Pâques est un moment très attendu des gourmets, mais aussi des chocolatiers. Pour cette période cruciale, les grandes surfaces et les artisans s’adaptent pour vendre oeufs, lapins et nougats. La demande est si forte qu’il y a des ruptures de stock.

 

Les artisans chocolatiers, comme De Neuville, rouvrent leurs boutiques pour Pâques

Cette année, la chasse aux œufs n’aura jamais aussi bien porté son nom. Et pas seulement parce qu’il va falloir faire preuve d’imagination pour cacher les œufs, lapins et autres poissons en chocolat ou en nougat dans l’appartement, sans que les gourmands mettent tout sens dessus dessous. Car cela risque en effet d’être plus compliqué que d’habitude pour en trouver, en raison du confinement.

 

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Y aura-t-il assez d’œufs dans les grands magasins ? Y en aura-t-il assez aussi dans les boutiques spécialisées ? Beaucoup de chocolatiers avaient en effet fermé boutique en raison de la pandémie ; ils faisaient pourtant partie des commerces autorisés à exercer. Le réseau De Neuville avait ainsi fermé 140 de ses 150 points de vente en France. Mais, bonne nouvelle, à l’approche des cloches, de nombreuses boutiques ont choisi de rouvrir après avoir pris les mesures d’hygiène adéquates. 

 

 

Il fut dire, Pâques est une date importante pour leur chiffre d’affaires. Si les Français ingurgitent près de 7,5 kg de chocolat par an, contre une moyenne de 5 kg en Europe, les fêtes de Pâques pèsent plus de 10 % des ventes annuelles de chocolat en France, en incluant les tablettes et la pâte à tartiner.

 

La Chocolaterie du Puyricard anticipe une perte de chiffre d’affaires de 80%

En moyenne, un Français dépense près de 20 euros en chocolat de Pâques et en achète en moyenne près d’un kg, pour un total de près de 15.000 tonnes vendues. Sachant que plus de la moitié des ventes se font en hypermarchés. Pour les chocolatiers artisanaux, l’enjeu est encore plus important. La période représente un quart des ventes annuelles de la Chocolaterie du Puyricard, par exemple.

 

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Celle-ci compte une vingtaine de magasins en France. Pour autant, il sera difficile de sauver la saison. Puyricard anticipe une perte de chiffre d’affaires de 80 % sur la période d’une année sur l’autre. Les chocolatiers s’organisent avec le système D et grâce à internet. Près de chez moi, le gérant d’une enseigne bien connue a ainsi sorti une table devant son magasin pour prendre des commandes. Mais on peut aussi les passer par téléphone. 

 

 

Certains ont mis en place un système de « call and collect » ou de « drive », avec le vendeur qui dépose le sac directement dans le coffre de la voiture, sans contact avec le client. Enfin, les grandes enseignes, elles, misent sur internet. Mais il ne fallait pas traîner. Selon Clotilde Briard des Echos, la demande était telle que Jeff de Bruges a dû fermer temporairement son site le week-end dernier pour gérer la demande.

 

Pierrick Fay