Violences sexuelles : Le choc à CentraleSupélec, prestigieuse école d’ingénieurs

Kévin Belbéoc'h/wikimedia commons

Le parquet d’Evry a ouvert hier une enquête préliminaire pour harcèlement sexuel, agressions sexuelles et viols visant CentraleSupélec. La veille, la justice a reçu un signalement de la direction de la prestigieuse école d’ingénieurs.

Dans 9 cas sur 10, l’agresseur est un étudiant de CentraleSupélec

Tout est parti d’une enquête menée cet été auprès de 2.400 élèves de CentraleSupélec. Les résultats ont tout simplement sidéré la direction, qui a décidé de saisir la justice. Sur les 660 élèves de l’école qui ont répondu anonymement au questionnaire, 28 ont déclaré avoir été victimes de viols lors de la dernière année universitaire, dont 20 jeunes femmes. 70 étudiants disent avoir subi une agression sexuelle. Et ce qui alerte le plus, c’est que dans neuf cas sur dix, l’agresseur est un étudiant de l’école, et que les faits se sont passés dans un cadre associatif ou au sein de la résidence étudiante.

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C’est Çapèse, une association de lutte contre le sexisme, qui a réalisé cette enquête. Sa présidente Ibtissam Hamich, élève en deuxième année, se dit abasourdie par les résultats : « on a surtout éprouvé de la tristesse de se dire qu’autant de personnes étaient coincées dans le silence. L’anonymat leur a sans doute permis de se sentir en sécurité ». Autre élément pointé par la présidente de Çapèse, le manque de mots adaptés à la situation : « non, ce n’est pas un baiser volé, c’est une agression sexuelle ». 

Aucune plainte n’a pour l’instant été déposée

L’école n’avait pourtant reçu aucun signalement de violences sexistes ou sexuelles au cours de l’année. Avec 19% de filles dans ses promotions, l’école suivait pourtant de près les problématiques de harcèlement et avait mis en place une cellule contre les violences sexuelles et sexistes il y a 2 ans. Aucune plainte n’a pour l’heure été déposée par une victime. L’enquête a été confiée aux enquêteurs spécialisés de la brigade de recherches de Palaiseau, a précisé le ministère public.

Emilie Valès

Ecoutez les précisions d’Emilie Valès : 

 

Ecoutez Ibtissam Hamich, au micro d’Emilie Valès : 

 

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