Vaccin : pour Philippe Juvin, la France est beaucoup trop lente

Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris et maire Les Républicains de La Garenne-Colombes était l’invité de Bernard Poirette ce mardi 29 décembre. Il a regretté que la vaccination ne soit pas assez rapide en France et a craint une “crise logistique”.

« En Allemagne 21 000 doses ont été injectées hier, nous on est à 50 » : Philippe Juvin redoute une crise logistique

Au micro de Bernard Poirette, Philippe Juvin a expliqué ses craintes quant à la vaccination, qu’il estime très lente en France : « en Allemagne 21 000 doses ont été injectées hier, nous on est à 50 ». Rappelant que la vaccination est le seul moyen pour sortir de cette crise, le maire de La Garenne-Colombes a désigné ce qu’il pense être les 3 facteurs de ralentissement de cette vaccination. Il a d’abord regretté l’absence de campagne d’incitation : « il faut persuader les gens, expliquer les avantages du vaccin ». Ensuite, il a exprimé son inquiétude sur une possible crise logistique, rappelant que le gouvernement a déjà échoué avec les masques : « l’administration n’est pas faite pour la logistique, certains pays font appel à des entreprises privées ou à l’armée ». Enfin, Philippe Juvin a rappelé que des problèmes d’approvisionnement n’étaient pas à exclure car « les vaccins vont mettre du temps à être produits et livrés ».

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Le chef des urgences de l’hôpital Georges Pompidou de Paris a également évoqué la stratégie de vaccination du gouvernement. Il a approuvé le fait que la priorité soit mise sur les personnes âgées et le personnel soignant, mais en demandant au gouvernement « d’aller beaucoup plus vite ». Selon les chiffres de Santé Publique France, on espère que 17 millions de Français, soit un quart de la population, soient vaccinés en juin : « c’est trop peu » a déclaré Philippe Juvin.

 

Philippe Juvin s’attend à un « reconfinement dans les prochains jours »

Interrogé par Bernard Poirette sur l’efficacité des vaccins sur les souches variantes du coronavirus, le chef des urgences de l’hôpital Georges Pompidou a été très clair. Il a d’abord rappelé que les virus mutent tous les jours avant d’expliquer que « les mutations connues aujourd’hui n’altèrent pas l’efficacité du vaccin ». Il a également précisé que cela pourrait se produire et que dans ce cas « on pourra travailler à modifier le vaccin, c’est ce que l’on fait chaque année avec les grippes ».

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Bernard Poirette a demandé à Philippe Juvin si un reconfinement était d’actualité. Ce dernier a d’abord souligné la difficulté du travail gouvernemental et des décisions à prendre. Selon lui, « il faut s’attendre à un reconfinement dans les jours ou semaines qui arrivent ». Pour Philippe Juvin, il existe 3 scénarios : reconfiner aujourd’hui, reconfiner début janvier ou alors reconfiner fin janvier si l’épidémie repart de plus belle. « Plus on va confiner tardivement, plus le confinement sera dur ou long » a-t-il expliqué. Enfin, il a appelé les autorités gouvernementales à se doter d’outils plus efficaces et à prendre exemple sur d’autres pays pour lutter contre le Covid 19.

Antoine Mouly

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