Une forêt française plus résistante pour 2050

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Les impacts du changement climatique sont déjà bien visibles, y compris en France où il faut déjà s’adapter. C’est le cas par exemple pour les forêts qui souffrent et dépérissent pour certaines. De nombreuses expérimentations sont menées en ce moment pour aider la forêt à s’en sortir.

 Une centaine d’îlots d’avenir sont déjà installés en France

Les épicéas dans l’Est de la France, les chênes dans le Centre, les châtaigniers d’Ile-de-France, tous souffrent des sécheresses. C’est pour cela que l’ONF, l’office nationale des forêts, a décidé d’installer en France des îlots d’avenir. Ce sont des petites parcelles où sont testées des essences qui résisteront au climat de la France de 2050. Selon Brigitte Musch, généticienne à l’ONF : « on a par exemple introduit du chêne originaire du sud de l’Espagne, en forêt de Verdun pour tester ses capacités à résister au froid de la région Grand-Est ».

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Une centaine d’îlots sont installés et il y en aura près de 200 à la fin de l’hiver. Dans l’Est et dans le Centre des chênes pubescents, que l’on trouve aujourd’hui dans le Sud, vont être plantés. Tout cela n’est pas fait au hasard. L’ONF se repose sur la méthode de l’analogie climatique, une carte qui identifie partout en France où trouver aujourd’hui, le climat de demain. « En Sologne on sait que l’on aura un climat qui ressemblera à celui de la région bordelaise. Cela nous donne déjà des idées des espèces que l’on trouve dans ces régions et que l’on peut essayer d’introduire dès maintenant car le temps des arbres est beaucoup plus long que le nôtre » clame Brigitte Musch.

Il y aura plus de diversité  mais aussi moins de densité dans les forêts

Dans certains îlots d’avenir, des espèces plus exotiques comme des arbres chinois ou du hêtre oriental, ont été plantées. C’est ce que l’on appelle la migration aidée. Cela n’est pas la seule stratégie déployée puisqu’en Méditerranée par exemple, les forestiers travaillent sur la diversité des forêts pour en finir avec le peuplement monospécifique, comme les chênes pubescents ou les pins d’Alep. L’objectif est de diversifier et mélanger les résineux et les feuillus.

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Selon Bernard Prévosto, chercheur en écologie forestière à l’INRAE, l’institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement : « l’intérêt est de répartir les espèces puisque cela permet d’avoir des espèces qui peuvent présenter des traits écologiques c’est-à-dire qu’elles sont plus adaptées à la sécheresse et donc qu’elles peuvent renforcer la résilience des écosystèmes ». Il y aura plus de diversité donc mais aussi moins de densité dans les forêts.Toutes ces recherches évidemment vont prendre du temps mais cela permettra d’avoir une forêt plus résistante en 2050.

Baptiste Gaborit 

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