Un piano qui joue tout seul comme Glenn Gould

Présenté lors du festival Ars Elektronika (Créations numériques) à Linz en Autriche fin septembre, le nouveau piano développé par Yamaha utilise l’intelligence artificielle pour reproduire sans intervention humaine le jeu et le style si particulier du génial pianiste canadien.

Ce piano automatique reproduit fidèlement le toucher unique de Glenn Gould 

C’est à partir de sa gamme de pianos automatiques Disklavier (puis Enspire), développée depuis 1978, que le fabricant japonais a initié sa technologie Music Ensemble Technology et, en particulier, ce projet intitulé « Dear Glenn ». Grâce aux progrès des technologies que permet l’Intelligence Artificielle (AI), plus de 100 heures d’enregistrements de performances de Glenn Gould, ont été rassemblées, numérisées, analysées et reproduites en collaboration avec des pianistes de concert comme Francesco Tristano qui connaissent et maîtrisent bien le style et le fameux « toucher détaché » du pianiste canadien. Mais ce système de piano automatique est également capable de jouer des morceaux que le pianiste n’a jamais interprétés lui-même, en incorporant les paramètres de son jeu et de son style rythmique dans les compositions.

 

 

Lors de leur présentation, les responsables de Yamaha ont présenté en vidéo 3 performances inédites. La première, une interprétation solo de Dear Glenn, la deuxième en duo, accompagné par Francesco Tristano et un trio à vent avec des membres du Bruckner Orchestra de Linz. Dans la vidéo « solo » publiée par Yamaha, le piano «Glenn Gould as AI» interprète les Variations Goldberg de Bach dans un cadre de concert offrant aux spectateurs une version la plus proche de ce que pouvait donner une interprétation de Glenn Gould.

 

 

Le grand public appréciera-t-il l’interprétation de « Dear Glenn » ?

Akira Maezawa, l’ingénieur responsable du projet pour Yamaha, explique que : «Le concept Dear Glenn s’inspire du style créatif unique de Glenn Gould et a pour objectif d’explorer l’avenir de la musique grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle (…) Il était connu pour son dévouement à l’enregistrement avec les médias numériques et son intérêt à repenser la relation entre l’interprète et le public ». Un programme unique, conçu en collaboration étroite avec la Fondation Glenn Gould, dirigée par Brian Levine, qui souhaite que le projet soit « proposé au grand public amateur de musique qui devrait manifester un vif intérêt, une grande attention et provoquera un débat constructif ».

 

Philippe Gault  

 

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