Un « Best Of » pour découvrir Weinberg

Un double album-portrait publié par ECM et interprété brillamment par Gidon Kremer et le Baltica Kremerata donne la pleine mesure du génie de Mieczyslaw Weinberg, considéré comme l’un des plus grands compositeurs de son temps par son ami Dimitri Chostakovitch.

Et si on tenait enfin " le " disque moderne de référence pour découvrir le catalogue si abondant et inégal de Mieczyslaw Weinberg ? Gidon Kremer en est le maître d’œuvre et le soliste. On ne s’en étonnera pas, tant il nous a fait découvrir de nouveaux répertoires. Dans le cas de Weinberg, il n’aura pas été pionnier, et c’est peut-être mieux. Il a eu le temps de trier et de choisir. Le violoniste propose ainsi en deux CD – un de musique de chambre, l’autre orchestral – un étourdissant " best of ".
Trois œuvres datent des années 1948-1949, sans doute les plus riches de la production du compositeur soviétique : le Concertino pour violon op. 42, la Sonatine pour violon et piano op. 46 et le Trio pour cordes op. 48. Des œuvres où le néo-classicisme ironique à la Chostakovitch donne ses meilleurs fruits, grâce à une inspiration mélodique constante. On trouvera en outre un véritable tour de force, l’une des sonates pour violon seul, la Troisième (! !), op. 126, de 1979, ainsi qu’un véritable chef-d’œuvre écrit en 1968, la Symphonie n° 10, pour orchestre à cordes (17 musiciens), d’une grande liberté d’écriture, et d’une force expressive bouleversante. Chostakovitch la tenait en haute estime et l’étudia en détail avant de se lancer dans sa fameuse Quatorzième. Le formidable Concertino est ici, sauf erreur, enregistré en première mondiale. Les autres partitions avaient été gravées soit par leur créateur, comme Rudolf Barshaï pour la Dixième (Olympia) ou par des interprètes contemporains (le Trio chez Neos). Gidon Kremer et ses amis se situent très au-dessus de tout ce que l’on a pu entendre : l’intensité, la conviction, le charisme incroyable du soliste emportent tout.
Mieczyslaw Weinberg (1919-1996)
Symphonie n° 10. Concertino pour violon op. 42. Sonate pour violon seul n° 3, op. 126. Sonatine pour violon et piano op. 46. Trio pour cordes op. 48
Daniil Grishin (alto), Giedre Dirvanauskaité (violoncelle), Daniil Trifonov (piano), Kremerata Baltica, Gidon Kremer (violon et dir.)
ECM 2 CD 4810669 (Universal). 2013. 1 h 41′
Nouveauté 1re