Transport : Retour à la normale pour le secteur maritime, bonne nouvelle pour les consommateurs

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Après une période exceptionnelle, le trafic maritime serait en train de revenir à la normale. Ce nouvel équilibre n’a rien d’alarmant, tant pour le secteur que pour les consommateurs qui pourraient même voir baisser le prix de certains produits.

Le Français CMA CGM a gagné plus de 16 milliards de dollars l’an dernier

Depuis des mois le trafic maritime de containers explose. Il semblerait néanmoins que le vent soit en train de tourner.  En effet, on est sans doute proche de sortir d’une période absolument exceptionnelle. Avec la crise du Covid qui a perturbé mais pas arrêté le commerce mondial, on a vu la demande pour le transport maritime exploser après les premiers confinements. Elle est même repartie en flèche tellement rapidement que l’on manquait de containers et de capacité sur les bateaux. Ainsi, les prix se sont envolés. Ils ont pratiquement été multipliés par 10 et les profits des armateurs ont atteint des niveaux absolument historiques. Le Français CMA CGM a ainsi gagné plus de 16 milliards de dollars l’an dernier. Il est devenu le groupe tricolore affichant le plus gros profit.

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Pourtant, comme annoncé, le vent a tourné depuis le début de l’année. Il faut comprendre que ce retournement est mesuré. Nous ne sommes pas passés de vents porteurs à des vents de face terribles. On assiste simplement à une forme de stabilisation, de retour à la normale, après une période folle. Ainsi, depuis le début de l’année la demande mondiale pour le transport de marchandises a chuté d’un peu plus de 1%. C’est une inversion de tendance mais pas un effondrement. L’an dernier sur la même période, le commerce affichait encore une belle augmentation de 8%. Pourtant depuis cette période faste, on a vu des ports qui étaient tellement saturés que cela a ralenti les échanges et on a manqué de capacités sur les porte-conteneurs. Les confinements en Chine ont pesé sur les exportations d’un pays qui se veut l’usine du monde, et la guerre en Ukraine impacte également la production et donc le commerce des céréales. Tout cela provoque fatalement une forme de ralentissement.

 

Le nouvel équilibre va redonner de la marge de négociation aux clients et les prix pourraient baisser un peu

Malgré cela, il n’y a aucune raison de s’alarmer. Au contraire ce retour à la normale est assez sain. On était en surchauffe et quand la demande est très nettement supérieure à l’offre, ce sont les vendeurs qui font les prix. Là, on va vers un nouvel équilibre. Cela va redonner de la marge de négociation aux clients et les prix pourraient baisser un peu. Cela ne mettra pas le transport maritime à genoux et cela pourrait contribuer à ralentir les pressions inflationnistes, ce qui est une bonne chose. Sur les trois premiers mois, CMA CGM affiche quand même plus de 7 milliards de dollars de profits. Ils ont triplé sur un an. Il y a donc de la marge. Si les prix restaient trop élevés, les transporteurs prendraient de toutes les façons un risque, celui de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Pendant longtemps, la mondialisation et l’essor du commerce international ont été encouragés par la possibilité de profiter de prix bas en important de pays comme la Chine. Si les prix du transport explosent, la compétitivité chinoise s’en trouvera indirectement impactée. Cela nous poussera à relocaliser ou à moins délocaliser. Si on produit plus près des zones de consommation, on aurait plus besoin de transport maritime. Les transporteurs le savent et voilà pourquoi même pour eux, la baisse des prix de la logistique ne serait pas dramatique.

David Barroux 

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