Shakira, Tony Blair, Abdallah II de Jordanie : Les révélations d’évasion fiscale des « Pandora Papers »

world economic forum / flickr

Blanchiments, fraudes fiscales d’ampleur, voilà les révélations des « Pandora Papers », la nouvelle enquête de l’ICIJ, le Consortium International des Journalistes d’Investigation.

Le Premier ministre Tchèque Andrej Babis aurait acquis un château pour 14 millions d’euros

600 journalistes ont épluché 12 millions de pages, issues des dossiers de 14 cabinets offshore. Selon nos confrères, de nombreuses personnalités fortunées de Tony Blair, au Roi Abdallah II de Jordanie en passant par la célèbre chanteuse Shakira, useraient de société offshore pour placer leur fortune à l’abri des taxes et des impôts. De l’argent sale parfois réinjecté, blanchi via l’immobilier, comme en France sur la côte d’Azur. La Côte d’Azur, ses plages, son soleil, son cadre de vie, un paradis aussi pour certains évadés fiscaux selon Solène Clément, présidente de l’Observatoire de lutte anti-blanchiment, « il y a une très forte attractivité naturelle de cette région ». Ajoutez un marché immobilier de luxe dynamique et c’est le cocktail parfait pour régulariser des fortunes échappant aux yeux du fisc. C’est le cas d’Andrej Babis, ciblé par les « Pandoras Papers ».

A lire aussi

 

 

HSBC avait été condamné à verser 300 millions d’euros en 2019

Le Premier ministre tchèque aurait acquis un château pour 14 millions d’euros payés en cash. Cet argent qui a transité entre les Îles Vierges, Washington et Monaco, un montage qui fait donc penser à du blanchiment poursuit Solène Clément « tout l’enjeu est que l’on ne puisse pas lier une personne avec un compte bancaire. Il va y avoir des montages ou l’en empile une société sur une société, c’est l’opacité ». Cette complexité  serait favorisée par les paradis fiscaux rendant toute investigation et poursuite quasi impossible selon l’économiste fiscaliste Vincent Drezet, « cela passe toujours par des territoires qui ne coopèrent pas. Les investigations sont toujours très longues, infructueuses parce qu’elles se heurtent à un manque de renseignements qui empêche la justice de faire son travail ». Lorsqu’il y a des poursuites, les peines prononcées restent faibles. HSBC en 2019, avait dû verser 300 millions d’euros pour avoir aidé des centaines de Belges à échapper aux impôts.

Eric Kuoch

Ecoutez le reportage d’Eric Kuoch :

 

Retrouvez les Infos du jour