Restauration : une hausse des salaires ne permettrait pas de recruter plus

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Comment lutter contre le manque de main-d’œuvre ? En augmentant fortement les salaires, propose la première organisation patronale de l’hôtellerie et de la restauration.

200.000 bars, hôtels et restaurants de France vont jouer le rôle de laboratoires

100.000 emplois restent à pourvoir dans le secteur de la restauration. Une solution qui divise la profession, et qui ne permettra pas de régler la question. Dans cette affaire, les 200.000 bars, hôtels et restaurants de France vont en fait jouer le rôle de laboratoires. Si ce secteur est particulièrement frappé par le manque de main-d’œuvre peu ou pas qualifiée, il est loin d’être le seul. Dans le bâtiment, le transport ou encore le commerce, de nombreux métiers demandant des compétences limitées sont aussi en tension un peu partout dans le pays. Il est donc évident que la tentation d’augmenter les salaires pour renforcer l’attractivité de certains emplois va se poser ailleurs que dans l’hôtellerie et la restauration. Il est donc important de regarder ce qui s’y passe.

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Les restaurateurs indépendants sont hostiles à des augmentations de salaire de 6 à 9%

Si la hausse des salaires est une condition nécessaire pour attirer à nouveau les candidats vers ces métiers, souvent mal rémunérés, elle ne peut pas être la seule solution. Il faudra aussi jouer sur d’autres leviers. D’abord, pour des raisons de compétitivité. Les entreprises les plus petites ou les plus fragiles n’ont pas forcément les reins assez solides pour supporter ces charges supplémentaires. C’est ce qui explique que les restaurateurs indépendants soient hostiles à des augmentations de 6 à 9% dans le secteur. Ensuite, parce que si ses emplois ne trouvent pas preneur, c’est aussi en raison de leur pénibilité. Il faudra donc réfléchir à des organisations différentes du travail. Dans la restauration cela veut dire par exemple, créer des équipes du matin et d’autres du soir ou préserver un week-end une ou deux fois par mois. En clair, il va falloir innover, comme beaucoup d’autres entreprises ont déjà été contraintes de le faire en raison de la généralisation du télétravail.

François Vidal

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