PSA : Comment Carlos Tavares a permis au constructeur d’obtenir une marge record en 2020

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Dans quelle mesure Carlos Tavares, le patron de Stellantis, le groupe né de la fusion PSA-Fiat Chrysler, est responsable des très bons résultats de PSA annoncés hier ?

PSA affiche une marge record de 10% sur le second semestre 2020

Le groupe Stellantis c’est tout nouveau, et Carlos Tavares qui dirigeait jusque-là simplement Peugeot et Citroën n’est pour rien dans les bons résultats du tandem Fiat-Chrysler. Mais il est pour beaucoup dans les très bons résultats du groupe qu’on appelait PSA. L’automobile a traversé en 2020 une crise terrible. Les usines et les concessions sont restées fermées longtemps, la production a été désorganisée, les ventes ont reculé partout. Et malgré cela, PSA a fini l’année sur les chapeaux de roues.

 

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Sur le second semestre, la marge a presque atteint 10%. C’est un record et c’est mieux que presque tous les constructeurs automobiles. Même mieux que les Allemands pendant une année normale… Carlos Tavares a de nombreuses qualités.
La première c’est qu’il connaît l’automobile. Il a 40 années d’expérience. Ce n’est pas un ancien haut fonctionnaire parachuté à la tête d’une entreprise, mais un ingénieur qui a gravi tous les échelons.

 

Carlos Tavares a-t-il toutes les chances de réussir le mariage avec Fiat Chrysler ?

Carlos Tavares a une capacité à faire rapidement les bons diagnostics sur tous les fronts. Ensuite, c’est un patron franc. Il dit les choses sans chichis aux actionnaires, aux salariés et aux cadres. Quand ça ne va pas, il n’a pas peur de décider et de trancher dans le vif. On a parfois peur de la vérité, lui, il assume et cela permet de ne pas se voiler la face et d’avancer. Et puis dernière qualité, c’est un patron qui a fait ses preuves. Il y a sept ans il arrivait chez PSA et il a redressé le groupe. Il y a quatre ans, il rachetait un Opel à la dérive et là aussi il a réussi un retournement rapide. Chez les consultants on dirait qu’il a un sacré « track record » qui plaide en sa faveur.

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Dans l’automobile on sait qu’il ne faut jamais crier victoire trop tôt. Il y a même une forme de malédiction qui a souvent frappé les groupes qui allaient le mieux. General Motors, Volkswagen, Toyota ou Renault Nissan se sont tous pris les pieds dans le tapis quand ils étaient au sommet. Tavares sait qu’il ne faut pas s’enflammer. Il sait aussi que marier la culture et les usines dans un groupe aussi vaste, avec plus d’une douzaine de marques, et des directions en France, en Italie et aux Etats-Unis, ce sera un sacré défi. Lui que l’on dit « micro-manager » ne va plus pouvoir s’intéresser à tous les détails. Mais sa grande force c’est de savoir simplifier et redresser. Et ça tombe bien, il y a sur ce front un véritable potentiel d’amélioration chez Fiat.

David Barroux