Procès Fillon en appel : Une nouvelle stratégie pour “laver son nom”

C’est le deuxième round judiciaire pour les époux Fillon, l’ouverture aujourd’hui et pour 15 jours, au tribunal correctionnel de Paris, du procès en appel de ce qui est désormais connu comme le Penelopegate. Ce scandale d’emplois fictifs, révélé par le Canard enchaîné en pleine campagne présidentielle de 2017 avait complètement décrédibilisé le candidat Fillon à l’époque.

François Fillon avait écopé de 5 ans de prison, dont deux ferme en première instance

Les époux Fillon avaient été jugés sur la période de 1998 à 2013. En première instance, François Fillon avait écopé de 5 ans de prison, dont 2 ferme, 375 000 euros d’amende et 10 ans d’inéligibilité. Pénélope Fillon avait été condamnée à 3 ans de prison avec sursis, 375 000 euros d’amende et 2 ans d’inéligibilité. L’enjeu de cet appel, pour l’ancien champion de la droite, aujourd’hui reconverti dans la finance : inverser la vapeur de ce jugement accablant.

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« Rien de concret n’a été démontré » quant à la réalité des activités de Madame Fillon, avait tranché la cour en première instance. Le montant du préjudice était estimé à 1 million d’euros, à rembourser à l’Assemblée National, employeur floué, et partie civile dans cette affaire. Ce fut le même constat pour l’emploi de Pénélope Fillon, à la Revue des Deux Mondes, une « embauche de complaisance », avait jugé la cour. Un délibéré rejeté en bloc par la défense. Selon son avocat, François Fillon fourbit ses arguments depuis des mois pour ce procès en appel. Il entend attaquer sur la polémique née quelques jours seulement avant le premier délibéré.

 

« A l’époque, 30% des élus travaillaient avec leur conjoint » avait assuré François Fillon

L’ancienne cheffe du Parquet National Financier avait reconnu des « pressions hiérarchiques » dans ce dossier, avant de se rétracter. C’est la preuve, pour François Fillon, d’une volonté de torpiller sa candidature à la présidentielle 2017. Autre argument : à l’époque des faits, « 30% des élus travaillaient avec leur conjoint » a-t-il affirmé dans la presse locale de la Sarthe, son fief de toujours. Il n’a donc pas dérogé aux règles de l’Assemblée. Nouveau procès, nouvelle stratégie, pour enfin, selon ses proches « laver son nom ».

Eric Kuoch

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