Paris : De la Tour Eiffel aux toilettes écolos, l’urbanisme parisien a-t-il toujours fait polémique ?

La Tour Eiffel est à l’honneur dans un numéro spécial de la revue Historia, qui titre en couverture : « Quand le génie était français » . Le magazine fait un gros plan sur Gustave Eiffel qui a révolutionné la construction métallique et qui est rentré dans l’histoire avec sa Tour Eiffel. Et pourtant, à l’époque, elle avait aussi ses détracteurs, nous rappelle l’hebdomadaire le Point qui signe un dossier formidable cette semaine sur l’offensive du laid en France.

« Les constructions contemporaines sont violentes. Elles symbolisent l’égoïsme et l’individualisme de notre époque »

En 1889, nous rappelle Julie Malaure, les oreilles de Gustave Eiffel ont sifflé. Une pétition de Guy de Maupassant avait qualifié la Tour parisienne « d’odieuse colonne de tôle boulonnée qui menace de jeter une ombre odieuse sur la capitale ». Rien que ça ! Alors, à moindre échelle, que dirons-nous à l’avenir des toilettes écolo à Paris qualifiées des pissotières de la honte ? Des bacs à fleurs transformés en cendriers géants ? Des sculptures kitschissimes qui ornent pas loin de 60 000 giratoires à travers le pays ?

 

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Dans le Point un architecte ne mâche pas ses mots : « les constructions contemporaines sont violentes. Elles symbolisent l’égoïsme et l’individualisme de notre époque ». Et il pourrait trouver de l’écho en lisant le Figaro ce matin. Le journal fait sa Une sur le « grand désordre urbain » généré par les trottinettes, les vélos et autres gyropodes. Ils occasionnent de nombreux blessés voire des morts sur les trottoirs, nous dit le quotidien.

 

Jack Lang : « quand on ne respecte rien : les génies, le passé, on ne respecte pas davantage le présent et le futur »

Laurence de Charrette dans son édito n’y va pas de main de morte et y voit l’incarnation de « l’impérialisme triomphant des ligues de vertu ». « L’homme nouveau surfe avec une sorte d’indifférence et il ignore peut-être qu’à la nuit tombée, des dizaines de précaires s’attellent à ramasser et rechercher ces trottinettes jetées au hasard des rues ». La conclusion, c’est Jack Lang qui la donne dans le magazine le Point: « quand on ne respecte rien : les génies, le passé, on ne respecte pas davantage le présent et le futur ».

Marc Bourreau

 

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