Met Opera : Des réductions de salaires plus faibles que prévues ?

On en sait un peu plus sur l’accord salarial qui a été conclu entre l’AGMA, le syndicat qui représente une partie du personnel (400 employés), notamment les chanteurs, du Met Opera . Des réductions de 6 à 12,7% des salaires, loin des 30% que la direction de l’opéra new-yorkais voulait imposer.

L’accord conclu devra être ratifié par un vote le 3 juin

Des fuites diffusées sur les réseaux sociaux, notamment par les chanteuses Lisette Oropesa et Isabel Leonard avaient déjà donné une petite idée de l’accord conclu le 11 mai entre la direction du Met Opera et l’AGMA (American Guild of Musical Artists). On en sait un peu plus depuis que le syndicat a transmis cette semaine d’autres informations sur cet arrangement à l’agence de presse Associated Press (AP).

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Concernant les personnels représentés par l’AGMA (choristes, chanteurs solistes, danseurs, directeurs, assistants-directeurs, régisseurs et artistes salariés), les 2 parties se sont mises d’accord sur des réductions de salaire allant de 6% pour les cachets inférieurs à 6 000 dollars par représentation à 12,7% pour les cachets des chanteurs les mieux payés (supérieurs à 13 999 dollars). En moyenne, la rémunération des chanteurs et danseurs non-solistes sera réduite de près de 4% jusqu’en juillet 2024. Cet accord devra néanmoins être ratifié par vote le 3 juin.

Pour Lisette Oropesa « les solistes sont abandonnés »

On est loin des 30% de réduction de salaire que Peter Gelb souhaitait obtenir pour redresser les comptes du Met Opera privé d’activité publique pendant 430 jours en raison de la pandémie de Covid-19. Si l’AGMA se félicite de cet accord, « la meilleure résolution pour tous nos membres » selon son directeur exécutif Leonard Egert, il n’en est pas de même pour certaines catégories concernées, les solistes notamment. C’est le cas de Lisette Oroposa qui a déclaré sur Facebook : « C’est pour ça que mon syndicat a passé plus de 12 semaines à négocier ? Des réductions de salaire inégales ? Une fois de plus, les solistes sont abandonnés ! ». La soprano américaine ne votera pas un accord qu’elle estime « injuste ».

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Le Met Opera n’en a donc pas fini sur le plan social. Sa direction est toujours en train de négocier avec la section 802 de la Fédération américaine des musiciens (AFM), qui représente l’orchestre et les musiciens, dont la convention actuelle expire le 31 juillet. Des négociations encore plus compliquées et tendues avec l’Alliance des métiers de la scène (IATSE) qui représente les employés de scène et machinistes empêchés de travailler depuis décembre dernier. Un « lock-out » qui permet au Met Opera de recourir à des prestataires extérieurs tant qu’un accord n’est pas trouvé.

Philippe Gault

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