« L’Uranium de la colère » sur France 5 : Du Niger jusqu’à Narbonne, la pollution nucléaire sévit

France 5

« L’Uranium de la colère » est le nom du documentaire diffusé ce 7 mars à 21h sur France 5. Il s’agit d’une enquête sur le chemin de ce minerai indispensable à nos centrales nucléaires mais qui alimente son lot de pollutions du Niger jusqu’à Narbonne dans l’Aude.

300 000 m3 de résidus de déchets radioactifs sont contenus dans les bassins d’Orano à Narbonne

L’enquête commence au Niger, à Arlit précisément, à proximité d’une immense mine d’uranium exploitée par l’entreprise française Orano. Le journaliste Martin Boudot s’y est rendu avec plusieurs compteurs pour mesurer le taux de radioactivité dans les rues de la ville. On y trouve des niveaux de radioactivité parfois deux, trois ou quatre fois plus élevés que ceux de Tchernobyl, même à l’intérieur des maisons. Selon Martin Boudot, c’est à cause des déchets de la mine utilisés pour la construction des habitations : « d’un côté vous avez une pollution classique avec une pollution de l’air liée aux explosions car les poussières vont jusqu’à la ville. Et puis vous avez également la pollution à la maison. Les populations se servent de ces résidus miniers pour construire leur propre maison et ces résidus sont encore radioactifs ». 

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L’enquête se poursuit ensuite en France, dans l’Aude, à 3 kilomètres du centre-ville de Narbonne où se trouve le site de traitement d’uranium le plus important de France : « cette usine d’Orano est la porte d’entrée de l’uranium en Europe. Elle réceptionne le minerai du Niger et du monde entier pour le purifier pour les centrales nucléaires. Ce procédé entraîne de nombreux déchets radioactifs stockés dans des bassins ». On y trouve plus de 300 000 m3 de résidus de déchets radioactifs, sous forme de boue, produits par la conversion de l’uranium brut en combustible nucléaire. Martin Boudot a effectué des prélèvements dans des arbres sur le terrain de riverains, dans le sol et dans une nappe phréatique : « dans les anciens sols agricoles qui longent l’usine, ceux rachetés par Orano, on retrouve deux fois plus d’uranium que la normale. Dans l’écorce des frênes du jardin des voisins, c’est 23 fois plus d’uranium comparé au frênes non exposés de la région. Dans l’une des nappes phréatiques sous le site, des résultats d’analyses d’eau montrent des dépassements en uranium jusqu’à 138 fois au-dessus du niveau naturel ».

Orano assure de son côté qu’il y a aucun impact sanitaire

Des résultats qui inquiètent évidemment les riverains et les associations environnementales de la région. Ce site fait partie des trois sites nucléaires en France, qui occasionnent les doses d’uranium les plus élevées pour la population locale. La direction du groupe Orano assure de son côté, qu’il n’y a aucun impact sanitaire et que l’impact radiologique est infime. Ce qui est confirmé par l’IRSN, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire : « l’IRSN confirme que le site d’Orano à Narbonne est l’un des sites qui a le plus d’impact radioactif en France. Pour autant, ils se veulent rassurants sur l’impact sanitaire » affirme Martin Boudot. A Arlit, 27 Nigériens anciens travailleurs de la mine ont déposé plainte contre X en France, pour homicide et blessures involontaires. Retrouvez « L’uranium de la colère », ce soir à 21h sur France 5.

Baptiste Gaborit

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