L’Inde pourrait commander 6 centrales EPR à EDF : Pourquoi le pays a besoin du nucléaire

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Pourquoi l’Inde envisage-t-elle de commander six centrales nucléaires EPR à la France ? Ici, on est plus populaire quand on annonce la fermeture d’une vieille centrale que la construction d’une nouvelle. Alors un projet avec six centrales géantes d’un coup semble totalement irréaliste.

En Inde, plus de 50% de l’énergie produite vient du charbon

L’EPR, c’est la génération maudite chez EDF et l’ex-Areva. Le premier chantier EPR lancé en Finlande n’est toujours pas achevé, la centrale de Flamanville va avoir plus de dix ans de retard et coûtera pratiquement dix milliards d’euros de plus que prévu. Mais si les Indiens s’intéressent à l’EPR c’est parce qu’ils en ont besoin. L’Inde c’est un pays en voie de développement accéléré, avec une forte croissance démographique et un outil de production d’électricité aujourd’hui totalement dépassé.

 

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Les centrales électriques indiennes sont vieilles et à plus de 50% de l’énergie produite en Inde vient du charbon, ce qui veut dire que l’Inde est déjà un des plus gros pollueurs de la planète et si le pays ne bascule pas sur le nucléaire, il sera incapable de faire face à ses besoins tout en contrôlant ses émissions de CO2.

 

La France pourrait contribuer en partie au financement de ce projet à hauteur de 30 milliards d’euros

L’Inde est déjà en train de construire sept centrales en s’appuyant sur des technologies indiennes et russes. Comme les dirigeants ne veulent pas mettre tous leurs œufs dans le même panier, ils ont besoin d’une troisième source. Et comme leurs relations sont tendues avec leur voisin chinois, ils font le pari du made in France. L’avantage est que la France pourrait contribuer en partie au financement de ce projet à hauteur de 30 milliards d’euros, et même si l’EPR a accumulé les déboires depuis 20 ans, c’est une technologie qui fonctionne déjà en Chine. Et EDF qui construit des réacteurs en France et en Angleterre commence à avoir sérieusement essuyé les plâtres. L’EPR est mal-né mais il ne faut pas forcément le condamner.

David Barroux

 

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