Les labels Bio et AOP ne sont pas toujours synonymes de qualité, selon deux études

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Chaque produit ou presque a désormais son label dans les rayons des supermarchés. C’est une source de confusion et pas toujours de qualité selon la conclusion de deux études publiées hier le 28 septembre. Les promesses de ces labels ne sont pas toujours tenues.

« Une AOP c’est tout sauf des produits standardisés »

La première de ces deux études est celle de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, qui a passé au crible notamment les cahiers des charges de 8 AOP fromagères. Ces AOP, appellations d’origine protégée, sont-elles synonymes de production traditionnelle, de typicité du fromage et de qualité du produit ? 3 critères ont été retenus comme par exemple, l’interdiction du lait pasteurisé ou encore la proportion de races locales. Les résultats sont très contrastés. Selon Olivier Andrault, de l’UFC-Que Choisir, il y en a 5 qui cochent toutes les bonnes cases tandis que 3 comme le Saint-nectaire, le Cantal, le Munster ont des cahiers des charges très permissifs, « ils se rapprochent parfois des fromages industriels et ne méritent pas le label AOP ».

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Des produits d’entrée de gamme qui ne sont pas très différents des produits industriels pour certains de ses fromages. C’est justement la diversité qui caractérise les AOP, qui est difficile à comparer selon Michel Lacoste, producteur laitier et président du CNAOL, qui regroupe les 51 AOP laitières françaises, « dans nos AOP, entre du Brie de Meaux qui va être fait proche de Paris, du Roquefort dans le Causse du Larzac, du Beaufort en haut des sommets Savoyards, ce ne sont pas les mêmes conditions, donc effectivement il n’y a pas les mêmes engagements dans les filières puisque l’on a des territoires différents, des savoir faire différents et des produits différents. Une AOP c’est tout sauf des produits standardisés ». L’UFC-Que choisir s’est penchée également sur les cahiers des charges des viandes label rouge avec là aussi des résultats très différents. Les résultats sont bons pour le poulet, le bœuf label rouge mais beaucoup moins pour le porc.

 

WWF et Greenpeace ont mené une étude sur 11 labels avec 14 critères environnementaux et socio-économiques

La seconde étude elle, porte sur l’impact environnemental et économique des labels. C’est une étude menée par le WWF et par Greenpeace sur 11 labels avec 14 critères environnementaux et socio-économiques. Sans surprise, ce sont les labels bio qui obtiennent les meilleurs résultats comme AB ou bio équitable de France. L’étude au contraire, pointe du doigt plusieurs certifications environnementales comme HVE, Haute valeur environnementale, aux impacts très faibles selon les deux ONG. Les exploitations certifiées HVE pourront prétendre aux mêmes primes que le bio dans la future PAC ( Politique agricole commune) Arnaud Gauffier du WWF affirme que « aujourd’hui, on a une future PAC qui va considérer le label bio et le label HVE sur le même plan. Les agriculteurs qu’ils soient bio ou HVE auront accès au même niveau d’aide. De notre point de vue, c’est une aberration puisque l’on est pas sur les mêmes niveaux d’exigence environnementale ». Les associations demandent donc à l’Etat de suspendre son soutien à la HVE et plus largement de faire le ménage dans les labels afin d’orienter le soutien public vers les démarches qui ont fait leurs preuves.

Baptiste Gaborit

 

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