Le Théâtre Royal de Madrid contraint d’annuler un opéra sous la pression des spectateurs

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Le Théâtre Royal de Madrid a été contraint d’annuler dimanche la représentation d’un opéra de Giuseppe Verdi après que des spectateurs ont protesté bruyamment pour dénoncer une absence de distanciation entre eux, bien que cette institution ait assuré avoir respecté les normes sanitaires.

 

Le Théâtre Royal de Madrid estime avoir même renforcé la sécurité sanitaire

Des spectateurs regroupés au balcon, section où les places sont moins chères, ont applaudi sans interruption en criant « suspension » dimanche soir, après le début de l’opéra « Un ballo in marchera » (Un bal masqué !), de Giuseppe Verdi, comme le montrent des vidéos partagées sur les réseaux sociaux. Ces images montrent la partie supérieure du théâtre, où quasiment tous les sièges sont occupés, alors qu’au niveau du parterre se trouvent des sièges vides entre les spectateurs. « Le Théâtre Royal a respecté les normes de sécurité sanitaires de la région de Madrid et les a même renforcées », a assuré lundi le président de l’entité qui gère cette institution ayant célébré en 2018 ses deux siècles d’existence, Gregorio Marañón, lors d’une conférence de presse.

Les spectateurs qui protestaient n’ont pas voulu changer de place

« La protestation s’est prolongée malgré les messages lancés via les haut-parleurs, qui proposaient aux spectateurs la possibilité de changer de place ou d’être remboursés », a, par ailleurs, expliqué le Teatro Real dans un communiqué. Mais comme « ce groupe restreint a insisté pour poursuivre ses protestations visant à boycotter la représentation (…) celle-ci a dû être suspendue », poursuit le communiqué.

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Le président du théâtre a affirmé que la salle était occupée à 51,5% de sa capacité, soit bien en deçà des 75% requis par la région de Madrid pour freiner la propagation du Covid-19. Il a, par ailleurs, souligné que ces normes n’exigeaient pas un siège libre entre deux spectateurs, mais un espace d’1,5 mètres ou, à défaut, le port du masque, de toutes façons obligatoire au théâtre. Il a toutefois ajouté qu’il étudiait « quelles mesures nous pouvons prendre pour ces spectateurs qui (…) se sont clairement sentis dans une situation inconfortable ».

Philippe Gault (avec AFP)

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