La sécheresse sera « la prochaine pandémie » selon l’Onu : en France, les nappes phréatiques inquiètent

Une grande partie de la France risque bien de vivre une nouvelle sécheresse cet été, et les restrictions se multiplient déjà à cause de l’état des nappes phréatiques. Il n’est pas mauvais pour l’instant, mais il s’est nettement dégradé depuis le début du printemps et malgré un hiver très pluvieux et efficace pour la recharge des nappes phréatiques.

Sécheresse : seuls le bassin parisien et les Hauts-de-France devraient être épargnés

Violaine Bault, hydrogéologue au BRGM, le Bureau de Recherche Géologique et Minière explique qu’à la fin de l’hiver, « il n’a pas plu pendant presque trois mois, les nappes n’ont pas pu finir leur période de recharge, et ont commencé à se vidanger avec deux à trois mois d’avance, ce qui signifie qu’en avril, les niveaux étaient ceux qu’on rencontre habituellement en été ». Un phénomène qui n’a pas pu être compensé par les pluies de mai, entièrement absorbées par la végétation. Les nappes ont aujourd’hui des niveaux qui sont autour de la moyenne ou modérément bas. Le problème est que Météo France annonce un été plus chaud et plus sec que la normale…

 

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80 départements sont aujourd’hui concernés par un risque de sécheresse cet été, risque très probable selon la carte du ministère de la Transition écologique sur tout le littoral méditerranéen mais aussi la vallée du Rhône. Tout l’ouest du pays est aussi concerné, ainsi que le Centre et seuls le bassin parisien et les Hauts-de-France devraient être épargnés. Face à ces alertes, les arrêtés de restriction d’usage de l’eau se sont multipliés ces derniers jours. En Provence, dans le Tarn-et-Garonne, en Loire-Atlantique, 52 arrêtés ont déjà été pris contre 32 à la même époque l’an dernier.

 

1,5 milliard d’humains touchés par la sécheresse depuis le début du siècle

La sécheresse menace la France et touche déjà de nombreux pays : les Etats-Unis avec la Californie, le Brésil, le Mexique. L’ONU en fin de semaine dernière prévenait que la sécheresse sera la prochaine pandémie de ce siècle. Emma Haziza, hydrologue, fondatrice du centre de recherche Mayane alerte sur les conséquences alimentaires de ces sécheresses à répétition : « on aura des assoiffés et des affamés un peu partout dans le monde, puisque l’eau est nécessaire à l’agriculture. Or s’il n’y a plus de résilience alimentaire ailleurs, il faudra la construire chez nous, et elle devra être la priorité ». Au moins 1 milliard et demi de personnes ont déjà été touchées par une sécheresse depuis le début du siècle pour un coût économique estimé par l’ONU à 124 milliards de dollars.
Baptiste Gaborit

Baptiste Gaborit

 

 

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