JO 2024 : Des taxis volants sont prévus à Paris !

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Un nouveau secteur industriel est en train de se créer, et ce n’est pas une blague. Il s’agit des taxis volants.

Un appareil qui est un mélange entre un hélicoptère et un drone

Preuve que ce sujet est sérieux, les entreprises et institutions qui sont dans la course à la mise en place de ce rêve de science-fiction sont des poids lourds : le groupe ADP (aéroports de Paris), la région Île-de-France et la RATP. On n’est donc pas entre startuppers sortis d’école d’ingénieur. Il y a 3 ans déjà, Airbus présentait une maquette grandeur nature de taxi volant. J’avais pu la voir au salon automobile de Genève et je peux vous dire que c’était la plus photographiée de tout ce qui était exposé. Uber, le leader mondial des VTC, montrait des vidéos alléchantes en images de synthèse de drones taxi. Vous commandez sur une application et un robot vient vous chercher depuis le ciel pour vous emmener où vous le souhaitez. J’ai bien dit « drone taxi » c’est-à-dire sans pilote et cela donne le vertige, même si vous ne regardez pas en bas.

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De quoi parle-t-on cette fois-ci ? D’être prêt pour 2024, au moment des JO de Paris, pour des premières démonstrations entre l’héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux et l’aérodrome de Saint-Cyr, près de la zone touristique de Versailles. Mais aussi au départ de l’aéroport de Roissy et de celui du Bourget, qui est l’aéroport parisien de l’aviation d’affaires. Tout cela avec un appareil qui est un peu le mélange entre un hélicoptère et un gros drone. La différence est dans le nombre d’hélices, ou précisément de rotors qu’il y a au-dessus de l’engin ainsi que le moteur qui est électrique. Pour le faire atterrir dans Paris, sachez qu’on cherche un lieu haut, c’est plus pratique et cela s’appelle un « vertiport ». Avis à ceux qui voudraient mettre à disposition leurs terrasses !

200 projets de ce type existent aujourd’hui dans le monde

Les nouvelles lignes de métro, le fameux Grand Paris express et la liaison CDG express, entre l’aéroport de Roissy et le centre de la capitale ne seront pas prêtes dans les temps pour les Jeux Olympiques. Le marché que va venir concurrencer ces taxis volants est celui des mototaxis. Elles se faufilent dans la circulation et vous facturent des courses à un tarif exorbitant. Finalement, c’est l’idée du saut de puce presque au sens propre. Il y a quelques limites à ce projet, d’abord écologiques. Ce n’est pas parce que c’est électrique que c’est parfaitement vertueux : la dépense énergétique pour se mouvoir dans les airs est sans commune mesure avec des déplacements au sol. Dès qu’il y a une batterie quelque part, il y a la question des métaux rares à extraire et à recycler.

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Question aussi sur l’autonomie de ces engins et sur le bruit. Les promoteurs des taxis volants nous disent que grâce au moteur électrique cela est bien plus silencieux qu’un hélicoptère. Tous ceux qui ont déjà subi les assauts du petit drone de leur nièce ou neveu savent que l’engin fait un bruit désagréable et fort, qui ressemble à celui d’un essaim de guêpes. Pour autant, on aurait tort de ne pas y aller. 200 projets de ce type existent aujourd’hui dans le monde. Donc mieux vaut explorer ce sujet aujourd’hui, sachant que l’on a des champions dans toutes les compétences concernées (Airbus, Thales, ADP, le groupe Dassault, la RATP) quitte à voir ce que ça donne et à renoncer. Mieux vaut s’accorder un droit à l’erreur plutôt que laisser une fois de plus les Américains ou les Chinois tout faire tout seuls et leur courir après plus tard ou plutôt, trop tard.

Francois Geffrier

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