Jean-Louis Bourlanges : « Il faut maintenir une relation de coopération avec la Chine, notamment sur le plan climatique »

Jean-Louis Bourlanges était l’invité politique de la matinale de Guillaume Durand ce mercredi 7 avril. Le Président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale a évoqué les choix stratégiques de l’Union Européenne dans la course aux vaccins et la politique étrangère agressive de Joe Biden souhaitant réaffirmer la puissance des Etats-Unis face à la Chine et la Russie.

Vaccination : « On a été trop lents, trop précautionneux » selon Jean-Louis Bourlanges

Jean-Louis Bourlanges s’est essayé à une analyse poussée du macronisme et des changements que l’arrivée au pouvoir de LREM induit dans le paysage politique : « le choix d’Emmanuel Macron est une politique libérale, sociale et européenne, un peu comme Raymond Barre, Valery Giscard d’Estaing ou Edouard Balladur (…) mais il y aussi la découverte d’un monde tout à fait nouveau qui n’est pas le mien du fait de mon âge, le monde du numérique, de la transition écologique, le monde du transhumanisme et de la libération de toutes les structures familiales ». Sur le plan politique, le Président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale qualifierait l’exercice du pouvoir d’Emmanuel Macron de « Gaulliste », ou « Jupitérien », et non par le biais d’un « parti centré sur le parlement ». Selon lui, « La République en Marche a été priée de ne pas être un vrai parti politique avec ses militants et ses congrès ».

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Jean-Louis Bourlanges estime que l’Europe présente un bilan satisfaisant sur sa politique économique mise en place pour faire face à la crise sanitaire mais admet des manquements sur le plan vaccinal : « on a été trop lents, trop précautionneux, on a pas voulu donner trop d’argent aux laboratoires pharmaceutiques (…) il y a des tas de raisons pour lesquelles on a été trop mou ». Cette mollesse a selon lui entraînée « une perte de temps d’environ deux ou trois mois, c’est grave mais ce n’est pas non plus la condamnation de l’Union Européenne ». D’autant qu’il soutient avec vigueur le choix de la solidarité fait par l’UE : « le choix fondamental c’est la mise en commun et le partage, ce choix est excellent ». Cette stratégie est d’ailleurs selon lui une bonne chose compte tenu du bilan peu reluisant de l’exécutif jusqu’ici : « on a pas été très dégourdis sur les masques et les tests, est-ce qu’on aurait été meilleur seuls face aux vaccins ? Ce choix de la solidarité et la prudence nous a quand même avantagé ».

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Interrogé sur la politique étrangère agressive mise en place par Joe Biden qui souhaite réaffirmer la puissance des Etats-Unis face à la Russie et à la Chine, Jean-Louis Bourlanges se demande « jusqu’où doit aller la confrontation avec les Russes et les Chinois ? ». Si le Président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale affirme sa proximité avec les Américains en qui il voit « des alliés dont nous reconnaissons les valeurs (…) ce qui n’était plus le cas avec Trump », il estime important de rappeler « que le monde est extrêmement dangereux ». Jean-Louis Bourlanges conseille donc « de maintenir une relation de coopération avec les Chinois, notamment sur le plan climatique » mais de rester conscient des risques induits par une confrontation avec la Chine et la Russie : « nous ne sommes pas à l’abri d’un coup de main militaire sur Taïwan (…) ou du côté russe une relance de la guerre dans le Donbass (…) la confrontation qui semble s’engager implique des Américains et nous-mêmes une mobilisation à laquelle nous ne sommes pas forcément préparés aujourd’hui ».

Rémi Monti

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