Covid : Bercy renforce ses aides, c’est le retour du « quoi qu’il en coûte »

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Bercy a dévoilé hier les mesures prises pour amortir le choc du variant Omicron sur les secteurs touchés par les nouvelles restrictions sanitaires. Prise en charge du chômage partiel et remboursement des charges fixes sont au menu. Est-ce le retour du « quoi qu’il en coûte » ?

Face au Covid, soutenir coûte que coûte les entreprises victimes collatérales

A en croire Bercy, ce n’est absolument pas le retour de la dépense publique à volonté. Hier, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, n’a eu de cesse d’expliquer que les annonces du jour constituaient un dispositif ciblé en rien comparable avec l’ouverture des vannes du printemps 2020. Et c’est vrai que les montants n’ont rien à voir. Pour ces mesures, on parle de 100 ou 200 millions d’euros, quand l’unité de base du « quoi qu’il en coûte » était le milliard, voire la dizaine de milliards d’euros.

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Pour autant, si l’échelle n’est pas la même, la nature de l’intervention publique, elle, n’a pas changé. Il s’agit encore et toujours de soutenir coûte que coûte des entreprises victimes collatérales du Covid. Et le fait que Bercy planche sur un nouveau report du remboursement des PGE, les fameux prêts garantis par l’Etat, contractés par ces sociétés en est la meilleure preuve. Mais le gouvernement ne veut pas le reconnaître parce qu’il ne veut pas donner le sentiment qu’après deux ans d’épidémie, nous en sommes toujours au même point. A cent jours de la Présidentielle, ce serait politiquement dangereux. Et puis surtout, ce serait économiquement risqué.

 

Renforcer les aides, c’est à court terme la meilleure solution

Pour le moment, les restrictions sanitaires décidées ces derniers jours n’entravent pas le fonctionnement de la plupart des entreprises. D’autant que les périodes d’isolement pour les malades et les cas contact ont été écourtées pour réduire les risques de paralysie de l’activité liés à Omicron. Pas question dans ces conditions d’envoyer le message que le guichet des aides vient de rouvrir. Avec le risque de voir les demandes se multiplier et la croissance plonger. A court terme, c’est sans doute la meilleure solution. Mais si la situation sanitaire venait à se dégrader, le gouvernement n’aurait d’autre choix que de mettre ses paroles en accord avec ses actes. Car la vérité c’est que le « quoi qu’il en coûte » est bien de retour.

François Vidal

 

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