Covid 19 : le plastique recyclé victime de la crise

Le secteur du plastique recyclé est lui aussi une victime du Covid 19. Avec la crise économique et sanitaire, les prix du pétrole ont chuté, le plastique s’achète donc moins cher et est moins recyclé.

La chute du prix du pétrole a entraîné la chute du prix du plastique

Avec la crise sanitaire et économique, c’est la double peine pour le secteur du plastique recyclé. Il y a moins de demande, vu le contexte mondial, mais il est surtout moins demandé. Le plastique recyclé a effectivement perdu en attractivité car la résine vierge, le plastique non-recyclé, dérivé du pétrole, bénéficie de la crise et s’achète désormais à un prix dérisoire. Alors que ces matières en polymère inondent notre quotidien.

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Jean-François Gérard de l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon revient sur cette chute des prix : « 40% de l’ensemble des polymères que l’on utilise sont des polymères simples, peu chers. Ces derniers temps, le prix du pétrole est descendu très bas et du coup ces polymères issus de la pétrochimie voient leur prix descendre encore plus ». Pour que le plastique recyclé regagne en compétitivité il faut industrialiser son recyclage afin de réaliser des économies d’échelle. C’est un changement structurel qui demande forcément de l’investissement.

 

Plan de relance : 16 millions d’euros d’aide d’urgence pour la plasturgie

16 millions d’euros d’aide d’urgence vont aider la plasturgie du pays dans le cadre du plan de relance. Soixante entreprises bénéficieront du dispositif. Depuis le premier janvier, le recyclage des matières plastiques a permis d’éviter d’émettre plus de 21 500 tonnes de CO2. Ceci représente un vrai gain environnemental mais aussi une échéance. La réglementation se resserre et le France est un peu à la traîne, d’après Andrei Khodakov, directeur de recherche au CNRS : « En France, environ 35% des plastiques sont recyclés. Si on parle des objectifs européens, on vise 50% en 2025 ». La France a un objectif plus ambitieux encore et en est donc loin. La loi anti-gaspillage veut aller jusqu’à 100% de plastique recyclé dans 4 ans. C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.

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Mais il serait dérisoire de considérer tous les plastiques de la même façon. Il faut avoir une analyse plus fine nous explique Jean-François Gérard : « les déchets plastiques n’ont pas tous la même histoire. Pour certains, ils ont fait un circuit très court, c’est le cas des emballages. Si je prends du polystyrène je peux faire un pot de yaourt mais aussi une mousse qui peut isoler un bâtiment pendant 20 ans. La mousse va revenir dans le circuit de déchet et elle n’aura pas eu le même poids sur l’environnement ». Avant de se focaliser sur un objectif chiffré, il y a des mesures à prendre sur le tri et la collecte. Par exemple, les bouteilles en plastique sont aujourd’hui faciles à remettre dans le circuit. Mais en France, un peu plus de la moitié seulement sont correctement collectées.

Ecoutez 3 minutes pour la planète de Victoire Faure 

 

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