Covid-19 : Le faux pass sanitaire peut tuer

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Un nouveau conseil de défense sanitaire se tient à l’Elysée ce vendredi 17 décembre, en réaction à la situation de l’épidémie et à la progression, très rapide, du variant Omicron. Le gouvernement pourrait prendre des mesures pour accélérer la campagne de rappel, ou décider de contrôles aux frontières. Un autre sujet pourrait aussi être sur la table : la lutte contre les faux pass sanitaires.

Faux pass sanitaires : les fraudeurs encourent trois ans de prison et 45 000 euros d’amende

Des milliers de personnes utiliseraient des faux pass sanitaires, parfois grâce a la complicité de soignants qui les vendent. Pourtant, un faux pass peut tuer, c’est ce que répètent les médecins qui font face à ce fléau. Au CHU de Nice quatre personnes se sont présentées avec de faux pass sanitaires ces dix derniers jours, des patients de 50/60 ans qui se sont dit vaccinés mais qui ont déclenché une forme grave du covid. L’infectiologue Michel Carles alerte, mentir sur son statut vaccinal peut être dangereux : « si on pense que [le patient] est vacciné, l’escalade thérapeutique qu’on va proposer est plus modérée, cela peut induire des pertes de chances. Le deuxième problème concerne l’étage collectif, il n’y a aucune restriction à leur circulation, ils vont être des vecteurs privilégiés de dissémination du virus dans la collectivité ».

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Mais détecter un faux pass n’est pas si simple. Alors désormais le professeur Bruno Megarbane de l’hôpital Lariboisière à Paris contrôle tous ces patients qui entrent en soin critique : « Lorsqu’un patient se présente, on fait systématiquement une sérologie pour voir son état de vaccination et le titre de ces anticorps ». Le gouvernement souhaite mettre en place un statut de « repenti », ceux qui se vaccineront ne seront pas poursuivis. Le but selon le généraliste Jérôme Marty c’est de convaincre les réticents : « c’est déjà ce qu’on fait dans les cabinets. Les gens qu’il faut poursuivre, ce sont ceux qui fabriquent les faux certificats ». Près de 400 enquêtes ont été lancées pour le moment en France. Les sanctions peuvent être lourdes : trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

Rémi Pfister

Ecoutez le reportage de Rémi Pfister : 

 

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