Commissariat incendié, pillages… Minneapolis en état d’urgence après la mort d’un homme noir

Le décès de George Floyd durant son interpellation par la police le week-end dernier enflamme Minneapolis. Plusieurs manifestations contre le racisme se sont produites à Los Angeles, Chicago et New York. Donald Trump a demandé au FBI d’ouvrir une enquête.

Sur la vidéo de l’arrestation, on peut voir un policier presser la gorge de George Floyd avec son pied

Il y a des moments dans la vie où on a des larmes de rage face à l’injustice. Ici aux Etats-Unis, on pleure tous cette semaine en revoyant les images du meurtre de George Floyd, à Minneapolis. Cet homme noir est interpelé le week-end dernier par 4 policiers blancs, avant subitement d’être mis à terre. Un policier met alors son pied sur sa gorge et pendant 7 minutes, on entend George Floyd dire : « Je ne peux plus respirer », avant d’hurler « Mama, Mama ».

 

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Il appelle sa maman mais le bourreau ne lève pas son pied et George Floyd meurt quelques instants plus tard. Alors, on se dit que ce n’est pas possible, cette brutalité policière en Amérique. L’émotion partout est intense. On ne parle plus du coronavirus mais de George Floyd. L’Amérique est très ébranlée. Les journalistes pleurent en direct la fin du rêve américain. Bakari Sellers, avocat en Caroline du Nord, proche de Barack Obama et activiste, affirme que désormais aux Etats-Unis, on est raciste ouvertement ou pas et qu’il faut simplement le dire.

 

 

Aucun policier de Minneapolis n’a encore été arrêté

Depuis lundi, jeunes et moins jeunes manifestent leur rage face à ce racisme dans les rues de Los Angeles, Chicago et même hier soir New York, où 24 personnes ont été interpelées. Et c’est toujours les mêmes histoires : les policiers qui interviennent, les camaras qui filment en gros plans, les manifestants qui frappent et crient très fort et cette violence instantanée en continue. Hier, à Washington, Donald Trump s’est en tout cas dit atterré et demande au FBI une enquête rapide sur l’affaire George Floyd. Les policiers de Minneapolis, eux, invoquent le 5e amendement de la Constitution pour éviter de répondre aux questions.

 

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Personne n’a encore été arrêté. Alors dans la ville, la colère gronde. Les manifestations continuent. Le Minessotta est cette nuit en état d’urgence, la garde nationale est mobilisée, les pillages ont commencé, le Capitole évacué car plus personne n’écoute plus les politiques qui appellent au calme. Bakari Sellers, invité hier soir chez CNN, rappelait en pleurs que nous aurons tous en écho pendant longtemps les derniers mots de Goerge Floyd : « Please, I can breathe », « S’il vous plait, je ne peux plus respirer ». Une expression, plus que jamais d’actualité dans cette Amérique 2020.

 

Laurence Haïm

 

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