« Apple Pay Later » : Le nouveau service d’Apple fait peur au secteur bancaire

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Apple vient d’annoncer un nouveau service de paiement fractionné appelé « Buy Now Pay Later ».  Ce service qui permet d’étaler ses paiements vient concurrencer les offres des banques et souligne la place grandissante du géant américain dans le secteur financier.

Le service d’Apple est réservé aux petits montants ne dépassant pas une centaine d’euros

Apple a décidé d’accentuer son offensive dans le monde des services financiers. Le groupe avait déjà lancé il y a quelques années son service Apple Pay. Le niveau le plus basique, qui est proposé partout, permet de transformer votre iPhone ou votre Apple Watch en une carte de crédit. Vous stockez les informations de votre Carte Bleue dans le porte-monnaie, le Wallet, d’Apple et ensuite vous pouvez payer sans contact en approchant votre smartphone d’un terminal de paiement. Le deuxième niveau de service, qui est proposé aux Etats-Unis, est qu’Apple a lancé sa propre carte de crédit. Le groupe s’est associé avec la banque Goldman Sachs. Ainsi il est possible de bénéficier d’une carte dématérialisée totalement gérée par Apple. Désormais, il vient d’annoncer un nouveau service de paiement fractionné, appelé « Buy Now Pay Later » en anglais. C’est un genre de crédit à la consommation hyper simple à obtenir qui permet au moment de régler un achat de dire qu’on ne veut pas payer tout de suite. On peut alors décider d’étaler le paiement en 3 ou 5 fois sur plusieurs semaines. Ce service est généralement réservé aux petits montants ne dépassant pas une centaine d’euros.

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Apple vient sur ce marché parce qu’il y a de la demande. Les jeunes ou les ménages qui ont des fins de mois difficiles apprécient cette option. Ensuite, si Apple est d’abord un vendeur de matériel électronique, le groupe offre de plus en plus de services. Il propose de la musique, des vidéos, des jeux et des services financiers. L’idée est d’abord de favoriser de nouveaux usages en intégrant de façon fluide le matériel et le service. Apple sait rendre les choses simples. Ensuite, l’objectif est de contribuer ainsi à fidéliser les clients. Si on a plein de services liés à son iPhone on a moins de chance de changer de fournisseur. Le dernier objectif est de créer des revenus récurrents. On peut facturer un service tous les mois alors qu’on ne change d’iPhone que tous les 18 ou 24 mois en moyenne. Enfin, ces nouveaux services vont potentiellement permettre au groupe d’augmenter ses marges.

 

Apple s’attaque aux banques et aux start-up de la finance

Cette offensive d’Apple fait peur à l’ensemble du secteur bancaire. En fait le groupe s’attaque aux banques et aux start-up de la finance qui s’attaquent aux banques, ce qu’on appelle les Fintech comme Klarna. Le problème pour Apple est donc double. En effet, dans un premier temps la marque à la pomme vient essayer de leur piquer une partie de leur chiffre d’affaires. Ensuite, comme on a l’habitude de le voir avec les Gafa, comme Apple ou Amazon, ce nouveau métier n’est pas central pour eux. C’est un petit truc en plus qui n’a pas forcément besoin d’être rentable. C’est un produit d’appel qui peut donc casser les prix. Ainsi, cela risque de faire baisser la marge et les bénéfices de tout le monde. D’ailleurs dans sa version actuelle proposée aux Etats-Unis, l’offre d’Apple est gratuite et sans pénalité en cas de retard de paiements. Le groupe coupe l’herbe sous le pied d’un système financier qui gagne beaucoup d’argent avec le crédit à la consommation. Il faut noter que le secteur bancaire redoutait déjà un tour de vis réglementaire car cette activité s’est très vite développée tout en étant très peu encadrée .

David Barroux

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