A quoi ressemble la cheffe d’orchestre du XXIème siècle ? Rencontre avec Lucie Leguay

Après les compositrices, deuxième épisode de Retour Vers le Classique consacré à la place des femmes dans la musique classique. J’ai rencontré Lucie Leguay, qui a remporté le Tremplin jeune cheffe de la Philharmonie de Paris en 2018. Elle m’a raconté à quoi ressemblait son métier et comment elle s’engageait pour le faire connaître au plus grand nombre.

L’épisode :

 

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Lucie Leguay a remporté le Tremplin Jeunes Cheffes de la Philharmonie de Paris

A 29 ans, Lucie Leguay est cheffe assistante de l’Orchestre national d’Ile de France, de l’Ensemble Intercontemporain, de l’Orchestre de Picardie, de l’Orchestre national de Lille et elle dirige l’Orchestre de Chambre de Lille, une formation qu’elle a créée. Elle a commencé par des études de piano. En 2018, elle a remporté le Tremplin jeune cheffe de la Philharmonie de Paris, qui organise cette année le concours La Maestra, du 16 au 19 mars. L’objectif : donner un coup de projecteur sur les talents féminins et inspirer les jeunes générations. Vous pourrez réécouter la finale vendredi 20 mars sur l’antenne de Radio Classique. 

Le premier mouvement de la Quatrième Symphonie de Beethoven dirigé par Lucie Leguay lors du Tremplin Jeunes Cheffes :

 

Chef d’orchestre, un métier qui reste quasi-exclusivement masculin

Très peu de femmes ont réussi à faire carrière dans la direction d’orchestre : Laurence Equilbey, Claire Gibault, Emmanuelle Haim, Nathalie Stutzmann, Marin Alsop… Elles ne représentent que 4% des chefs en France d’après l’étude « Où sont les femmes ? » de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) parue en 2016. D’après le site Bachtrack, il y avait huit femmes dans le top cent des chefs programmés dans le monde l’année dernière. Un chiffre meilleur qu’en 2013 où il n’y en avait qu’une dans ce classement.

 

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Une évolution dans la féminisation du métier

Le fait d’être une femme peut poser problème face aux positions conservatrices de certains dans le milieu de la musique classique qui estiment qu’une femme n’a pas la capacité de diriger un orchestre. Lucie s’est par exemple retrouvée confrontée à un musicien qui a refusé de jouer sous sa baguette.

 

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Mais la situation évolue : Lucie a vu le nombre de femmes augmenter dans les études de direction d’orchestre : lorsqu’elle a commencé ses études de cheffe à Lausanne, elle était seule dans sa classe en première année. Quelques étudiantes ont ensuite rejoint le cursus, aujourd’hui il y a autant d’hommes que de femmes de ce master. Pour poursuivre cette évolution, Lucie espère inspirer les jeunes filles qu’elle rencontre.

L’envie de faire partager la musique au plus grand nombre

Pour Lucie, être cheffe aujourd’hui consiste aussi à faire partager la musique classique au plus grand nombre.  Elle a organisé un concert baptisé “Sorciers sorcières” dans lequel elle a dirigé L’Apprenti sorcier de Paul Dukas et la musique d’Harry Potter composée par John Williams. Elle a également accompagné l’artiste électro Wax Taylor dans des concerts symphoniques :

Pour faire découvrir les coulisses du métier, elle a été suivie par la documentariste Camille Ducellier qui a réalisé web-série CHEF·FE :

Un excellent moyen de réaliser tout le travail nécessaire à un concert : la musique ne naît pas comme par magie des coups de baguette donnés lors de la représentation !

 

Augustin Lefebvre

 

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