Guerre en Ukraine : « La seule chose capable d’arrêter Poutine, c’est la force », assure Jean-Dominique Giuliani

Ukrainian Presidental Office/UPI

Jean-Dominique Giuliani, président de la fondation Robert Schuman et auteur du livre Européen, sans complexe aux éditions Marie B, était l’invité de Renaud Blanc dans la matinale de Radio Classique. Il préconise le durcissement des sanctions à l’encontre de Moscou, et évoque l’usage de la force.

Vladimir Poutine a sous-estimé l’indignation que la guerre en Ukraine a suscité, selon Jean-Dominique Giuliani

Après le massacre de civils à Boutcha, près de Kiev, attribué à l’armée russe, Jean-Dominique Giuliani plaide pour « un durcissement des sanctions, à défaut d’autres choses car en réalité, on voit que Poutine ne s’arrête pas ». Il explique que la guerre en Ukraine est encore pire que ce qu’on imaginait jusqu’ici, et que les Etats « n’ont que des sanctions pour essayer d’arrêter » la Russie. Le grand spécialiste des questions européennes estime que ce sont bien des crimes de guerre qui se sont déroulés sous nos yeux : « on connaît les méthodes de l’armée russe qui est mal dirigée, manifestement utilisée à des fins excessives ». Pour lui, le président Vladimir Poutine a sous-estimé l’indignation que sa « guerre d’agression » a suscité dans le monde. En réaction, les occidentaux devraient décider cette semaine de nouvelles sanctions. La France et l’Allemagne comptent expulser des dizaines de diplomates russes, mais Jean-Dominique Giuliani prône des sanctions plus fortes, notamment un embargo sur le gaz et le pétrole russe.

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Il estime qu’on va finir par décider un embargo, « qu’on le veuille ou non, parce que l’indignation est forte ». A ce sujet, il pointe les mauvais choix de l’Allemagne, estimant que l’Europe aurait peut-être dû se montrer plus sévère face à cette « politique énergétique idiote ». « A privilégier une sorte de grande neutralité commerçante et mercantile, on s’aperçoit qu’on est dépendant et qu’on n’a pas le mix énergétique permettant de satisfaire son industrie et sa population ». La guerre en Ukraine, souligne-t-il, n’est pas terminée : « Poutine et l’armée russe vont encore commettre des horreurs ». Le président de la fondation Robert Schuman confie d’ailleurs redouter que les sanctions ne suffisent plus, « qu’on soit entraîné petit à petit à agir autrement que par des sanctions, c’est-à-dire quand ça deviendra insupportable, il faudra peut-être faire preuve de ce la seule chose capable d’arrêter Vladimir Poutine, la force ». Quid alors de l’arme nucléaire, menace brandie par le maître du Krelmlin ? Jean-Dominique Giuliani assure que le président russe bluffe : « d’ailleurs, il n’en parle plus. Le jour où il use de cette arme, il n’existe plus et son pays non plus ».

Béatrice Mouedine

 

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