Saint Louis aux deux visages : Mortifications, justice expéditive, 6 choses à savoir sur la part d’ombre d’un roi vertueux

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Longtemps présenté comme le parangon de toutes les vertus royales, Louis IX, sanctifié de bonne heure, présente aussi des défauts que l’historiographie ne cesse de souligner.

Une éducation à la dure : « Plutôt mort que pécheur »

Louis n’est d’abord pas destiné au trône, mais la mort prématurée de son frère aîné le propulse au devant de la scène à l’âge de 14 ans. Blanche de Castille, sa mère, prend son éducation en main, et ne se laisse pas facilement attendrir. Cette reine d’origine espagnole, au tempérament de fer, n’hésitait pas à châtier durement son fils et lui répétait régulièrement qu’elle « préférait le voir mort que pécheur ». Une méthode d’éducation radicale qui forgea le caractère inflexible du futur roi saint.

Louis IX échappe à un kidnapping à 12 ans

Quand Louis VIII meurt en 1226, son fils n’a que 12 ans. Blanche, veuve et enceinte, prend la régence avec l’idée de sauvegarder la grandeur du trône de son fils. Les grands barons, révoltés à l’idée d’être dirigés par une femme d’origine étrangère, tentent d’enlever l’enfant-roi ! Louis doit se réfugier au château de Montlhéry tandis qu’une foule de Parisiens vole à son secours, alertés par Blanche. L’échec de cette capture ne va pas décourager les comploteurs, qui nouent une alliance avec le roi d’Angleterre, Henri III. La reine, bien conseillée, tient bon. Pour mater les révoltes, elle utilise la ruse, les armes, et la diplomatie.

Le roi qui sautait à l’eau tout armé

Lors de la septième croisade en 1249, à l’arrivée devant Damiette en Égypte, Louis IX stupéfie son entourage. Alors que ses conseillers veulent le retenir sur le navire, le roi saute lui-même à la mer, « tout armé comme ses hommes », lance à la main, pour être le premier à fouler la terre égyptienne. Un geste d’un courage fou qui galvanise ses troupes.

Saint Louis prisonnier en Egypte, un traumatisme pour le roi

Un roi prisonnier et humilié

En Egypte, les Croisés font face à la puissante citadelle de Mansourah. Le frère du roi Robert d’Artois se lance imprudemment à l’assaut du fort, il est immédiatement tué. L’impensable se produit : le roi de France est fait prisonnier après une lutte sans merci. Cette humiliation sidérante oblige Louis IX à rendre la ville de Damiette et à payer une rançon « astronomique ». Un épisode traumatisant qui marquera profondément le souverain.

Une piété extrême : le vendredi est le jour de la flagellation du roi 

De retour d’Orient, transformé par ses épreuves, Louis IX développe une piété extrême. Il est hanté par la crainte du péché et poursuivi par la culpabilité d’avoir échoué à libérer Jérusalem, il multiplie les privations et se refuse tout plaisir. Chaque vendredi, dans le plus grand secret, il demande à un prêtre de le fouetter pour expier ses péchés. Même ses confesseurs tentent de le raisonner, mais rien n’y fait. Le roi s’abîme dans les mortifications.

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Saint Louis adepte d’une justice expéditive : boyaux de porc et fer rouge

Saint-Louis était aussi un roi impitoyable, lui qui s’est défini comme le sergent de Jésus Christ. Les juifs sont victimes de mesures brutales : biens saisis, obligation de porter la rouelle, Talmuds brûlés…

À Césarée, il fait mettre au pilori un orfèvre coupable de blasphème en lui accrochant autour du cou les boyaux et la fressure d’un porc. Plus tard, il fait marquer au fer rouge sur les lèvres un bourgeois parisien coupable du même crime, provoquant un scandale, même à l’époque.

Franck Ferrand

 

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