Danseuse, courtisane et légende vivante, la Belle Otero a traversé son temps comme une héroïne de roman, avant de tout perdre, dans le silence et l’oubli.
La Belle Otero est née Agustina Carolina del Carmen Otero Iglesias en 1868 en Galice, d’une mère célibataire et de père inconnu. Une vie de misère, qui la contraint à mendier. La fillette improvise des pas de danse dans les rues. Elle est regardée et admirée, surtout pour ce qu’elle peut rapporter. A 11 ans survient un premier drame, elle est violée par un cordonnier qui échappe à la justice, et sa mère la chasse de la maison.
Commence alors une vie d’errance pour la jeune femme, qui danse dans les auberges de la province espagnole, suit des forains portugais, puis arrive à Barcelone, où elle se produit dans un cabaret. Elle rencontre un certain Paco – un souteneur – qui l’oblige à avorter, la rendant stérile. La Belle Otero parvient malgré tout à oublier la misère de sa vie lorsqu’elle est sur scène. C’est même le lieu de sa renaissance.
Une passion du jeu qu’elle gardera toute sa vie
Elle quitte l’Espagne avec son amoureux du moment, le banquier Furtia. Ils se rendent en France, sur la Côte d’Azur, qui se développe à vitesse grand V grâce à la bonne société européenne. C’est au casino de Monte-Carlo que naît le goût d’Otero pour le jeu, une passion qu’elle gardera jusqu’à sa mort.
Son charisme et son aura – plus que ses talents vocaux – vont rapidement lui permettre de devenir une vedette du music-hall de la Belle époque. Elle fréquente Joseph Holler, fondateur du Moulin Rouge et de L’Olympia, espagnol comme elle. On la surnomme « La Sirène des suicides » car six amants délaissés auraient préféré se donner la mort plutôt que d’imaginer la vie sans elle !
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Une ascension et une chute, toujours dans la dignité, que Franck Ferrand vous raconte dans cet épisode inédit des Grands Dossiers de l’Histoire.
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