Appelé Atlantis par les Grecs, l’Atlantide était une île remplie de merveilles et de mystères : palais d’or, réseau de canaux ingénieux, un sanctuaire dédié à Poséidon, une flotte dominant les océans, une culture brillant de mille feux… Jusqu’à ce que tout soit englouti du jour au lendemain. L’Atlantide sombra dans les abysses, ne laissant derrière elle qu’une énigme.
Depuis plus de deux millénaires, les récits à propos de l’Atlantide fascinent, obsèdent et divisent. Philosophes, écrivains, savants et rêveurs, tous ont voulu percer le secret de cette civilisation disparue. Est-ce l’écho d’une catastrophe réelle, la mémoire déformée d’un cataclysme antique, ou bien une pure invention sortie tout droit de l’imaginaire d’un seul homme : Platon ? Car c’est bien dans ses deux Dialogues, le Timée et le Critias, rédigés au IVe siècle avant notre ère, que le mythe apparaît pour la première fois.
Platon a indiqué qu’il s’agissait d’une « histoire véritable », racontée par les prêtres égyptiens au législateur Solon, puis rapportée à son propre oncle Critias. Pourtant, la description de l’Atlantide ressemble fortement aux cités grecques contemporaines du philosophe, de leur organisation jusqu’à leurs ambitions en passant par leurs excès… Comme si l’île engloutie n’était que le miroir déformé d’Athènes, reflet d’une civilisation en décadence.
Une histoire ayant inspiré Montaigne et Rousseau
De la Renaissance, époque des grandes découvertes, jusqu’aux fantasmes modernes du triangle des Bermudes, l’île a nourri les imaginaires. On l’a cherchée partout : en Méditerranée, en Sardaigne, en Afrique, aux Canaries, jusqu’au cœur de l’Atlantique. Chaque avancée scientifique (géologie, archéologie ou exploration sous-marine) rouvre le dossier.
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Mais si la science hésite, la littérature, elle, s’est emparée de cette histoire avec passion. De Montaigne à Voltaire, de Pierre Benoit avec son héroïne Antinéa aux innombrables romans, bandes dessinées et jeux vidéo, l’Atlantide est devenue un creuset d’imaginaire. Civilisation idéale, promesse d’un âge d’or ou avertissement de fin du monde, elle incarne l’archétype même du cataclysme et de la fragilité des civilisations.
Franck Ferrand raconte ce mythe qui, plus de deux mille ans après Platon, n’a rien perdu de son pouvoir.
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