Saint-Valentin : Couple mythique, Robert et Clara Schumann ont dû gagner un procès pour se marier

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Robert Schumann et Clara Wieck font parties de ces couples mythiques qui, à l’image d’une Cosima Liszt et d’un Richard Wagner ou d’une Alma Schindler et d’un Gustav Mahler, ont marqué durablement l’Histoire de la musique. Une histoire d’amour qui aurait très bien pu rester une idylle si les deux tourtereaux n’avaient pas osé mettre au tribunal le principal opposant à cette union : Friedrich Wieck, le père de Clara ! 

En 1828, Robert Schumann renonce à ses études de droit pour devenir musicien. Un professeur de piano, Friedrich Wieck, aurait mis au point une approche pédagogique capable de transformer tout élève doué en véritable prodige. Il en veut pour preuve, sa fille, Clara, âgé de huit ans seulement, qui est promise à une brillante carrière de pianiste. Les deux jeunes gens se rencontrent. Si Clara se révèle au début peu intéressé par notre compositeur, le coup de foudre de Robert pour la jeune musicienne est quant à lui bien réel.

Les années passent. Les cours de piano se succèdent. La passion de Robert pour Clara est sans faille mais son jeu laisse à désirer : technique imparfaite, doigts meurtris par les excès, sévérité du maître qui n’hésite pas à cheviller son élève au clavier pour que sa virtuosité s’améliore. Seule une pensée de Clara suffit à le rendre de nouveau jovial, ce qui ne passe pas inaperçu aux yeux de son professeur qui décide de les séparer pour de bon en 1836. 

Robert Schumann et Clara jouent leur dernière carte : saisir le tribunal de Leipzig

« J’étais mélancolique, abattu, sans goût au travail, halluciné de tristesse. Je perdais la tête, je ne savais plus où j’en étais – tu étais loin, et, à ce moment-là, tu ne t’occupas pas de moi. » peut-on lire dans une lettre de Robert adressé à Clara, s’excusant des écarts de conduite qu’il aurait eu lors de cette séparation forcée : « Il ne vous manque qu’une femme et tout ira bien. » lui aurait assuré le médecin. Il fallait agir au plus vite ! Demander à l’odieux M. Wieck la main de sa fille pour en finir avec cette mascarade ! Ce qui fut – on le doute – poliment refusé (en réalité, chantages, menaces de mort et déshéritage ont fusé de la bouche de Friedrich).  
 
C’est ainsi qu’en 1839, Robert et Clara jouent leur dernière carte : saisir le Tribunal de Leipzig pour forcer Friedrich Wieck à reconnaître leur union : « Nous ne pouvons nous expliquer les motifs de ce refus, notre situation de fortune étant à même de nous mettre à l’abri du besoin dans l’avenir. Le vrai motif du refus de M. Wieck doit plutôt se trouver dans une sorte de sentiment personnel de haine à l’encontre du soussigné, alors que celui-ci pense pour sa part accomplir tous les devoirs que peut attendre de lui le père de celle qu’il a choisie pour compagne de vie. » peut-on lire dans la requête des deux amoureux.  

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Un procès dont l’absence répétée de Friedrich Wieck, agrémentée de provocations et de mauvaise foi, finira par avantager le jeune couple qui obtiendra gain de cause le 1er août, pouvant ainsi célébrer leur mariage le mois d’après, le 12 septembre 1840. 

Clément Serrano

 

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