Le Corbeau, inspiré d’une histoire vraie : Qui a écrit les lettres anonymes dans l’Affaire de Tulle ?

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L’Affaire du corbeau de Tulle, qui a inspiré le cinéaste Henri-Georges Clouzot, date en réalité de la Première guerre mondiale. Une jeune femme, Angèle Laval, et son collègue, monsieur Moury, reçoivent chacun une lettre anonyme en 1917. Ces missives seront les premières d’une très longue série.

En 1922, cela fait déjà plusieurs années que des lettres anonymes rendent l’atmosphère de Tulle complètement délétère. Les rumeurs se propagent et se concentrent principalement sur les couples adultères, vrais ou faux. Une affiche est même placardée avec une liste de 14 amants supposés ! Plus grave, on déplore un mort par suicide, lié directement aux messages accusateurs.

On fait venir le professeur Edmond Locard, père de la criminologie. Accompagné du juge d’instruction, il rassemble une dizaine de personnes qu’on soupçonne d’en savoir un peu plus qu’elles ne le prétendent.  Il leur lit des extraits de lettres et progressivement, il va accélérer sa diction. Très rapidement, il affirme être en mesure d’identifier celui qui signe ses lettres : « L’oeil de tigre ».

Une dictée fatale

Le 16 janvier, une foule de journalistes sont réunis devant le Palais de justice, où ces habitants vont être soumis à une dictée. Le professeur Locard commence à dicter des passage des lettres, dénonçant « Nina Dufour la mauvaise », « Donatien qui sent le rat crevé ».

Une des personnes semble avoir quelques difficultés. Dans son rapport, le professeur Locard indique qu’elle met 12 minutes à écrire la première ligne, passant et repassant sur les lettres. Il s’agit … d’Angèle Laval, la femme qui avait reçu la première lettre.

L’Affaire a provoqué deux morts

Elle éclate en sanglots et rentre chez elle où sa mère, pour la calmer, lui propose de prendre l’air. Alors qu’elles approchent un étang, Angèle saute dans l’eau pour mettre fin ses jours. Sa mère tente de la sauver, mais se noie, et seule Angèle en réchappe. Autant dire qu’elle a indirectement causé la mort de sa mère.

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Au procès, on découvre le mobile d’Angèle. Elle s’était amourachée de son collègue, M Moury. Elle avait écrit les deux premières lettres pour qu’il s’intéresse à elle. Cela n’avait pas fonctionné et désespérée, elle avait assisté au mariage de cet homme avec une autre, ce qui l’a jetée dans une espèce de folie. Elle a écopé d’un mois de prison et de 300 francs d’amende, ce qui est bien léger quand on constate la quantité de dégâts qu’elle a pu commettre. Elle n’a pas été jugée responsable des deux morts de de cette histoire. Elle a simplement été accusée de diffamation et d’injures publiques.

Franck Ferrand

 

 

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