Jeanne Hachette : Née au siècle de Jeanne d’Arc, connaissez-vous celle qui a repoussé une attaque sur Beauvais ?

ABECASIS/SIPA

Une Jeanne peut en cacher une autre : un demi-siècle après la Pucelle d’Orléans, Jeanne Laisné contribue à libérer Beauvais et gagne dans les combats le surnom de Jeanne Hachette.

Moins d’un demi-siècle après Jeanne d’Arc, le danger renaît sous l’impulsion d’un autre duc de Bourgogne; qui met le siège devant Beauvais. Charles Le Téméraire dispose d’une armée solide. Il a une artillerie très importante, qui à cette époque fait la différence, mais également des lanciers, des cavaliers, des gens de pied en quantité. À Beauvais, il y a seulement quelques soldats, incapables de faire face.

La Picardie a été littéralement ravagée par les troupes bourguignonnes. On les a vues à Rouen, on les a vues à Nesles commettre de véritables massacres. À Nesles d’ailleurs, le duc de Bourgogne est entré jusque dans l’Église et a foulé, sous les pieds de ses chevaux, les cadavres des picards et même un certain nombre de blessés qui sont là, qui gémissent. Ceux qui ont survécu ont les poings coupés. « Voilà une belle boucherie, et que j’ai de bons bouchers », a crié le duc de Bourgogne, qui mérite bien son surnom de cruel.

Les Beauvaisiens vont résister

Le 27 juin 1472, l’armée de Charles le Téméraire s’apprête à prendre Beauvais d’assaut. Il est persuadé que la ville va se rendre comme ça, sans même coup férir. Parvenu aux pieds des remparts, un de ces hérauts se détache et va lire la proclamation du duc de Bourgogne qui est adressée au gouverneur de Beauvais. Bien entendu, il lui est enjoint d’ouvrir les portes, d’accueillir les arrivants pour épargner aux Beauvaisiens tout grief et toute peine. Faute de quoi, la cité sera rasée et tous les habitants seront passés au fil de l’épée.

Est ce que les Beauvaisiens sont prêts à périr de cette manière ? Pour l’instant, ils se sont agenouillés au pied de la statue de la Vierge Marie et de celle de leur patronne, Angadrême. Ils décident qu’ils vont résister. On se met à sonner le tocsin, on se précipite vers l’hôtel de ville pour en retirer les armes qui ont été déposées. Il n’y a pas grand chose : des arcs et des arquebuses, un peu de mortier, des bombardes, quelques couleuvrines, et voilà que ces quelques combattants improvisés se dirigent déjà vers les remparts.

Les femmes jouent un rôle essentiel dans cette résistance de Beauvais

Pendant ce temps-là, dans les foyers, on fait bouillir dans les chaudrons tout ce qu’on peut trouver d’huile et de poix. Les femmes fourbissent les faux qu’on va donner aux hommes pour aller se battre. On réunit tous les maillets possibles chez les artisans, on voit les enfants charrier les pierres jusqu’aux remparts pour jeter tout ce qu’on pourra sur l’assaillant.

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Dans cette préparation de la résistance de Beauvais, les femmes jouent un rôle absolument essentiel. Ce sont elles qui mobilisent, qui organisent. Et parmi ces femmes de juin 1472 s’en distingue une par sa vaillance, par son ardeur. C’est une belle jeune femme de 18 ans. Elle s’efforce déjà d’atteindre les premiers grimpeurs : les Bourguignons ont posé des échelles contre les murs et sont en train de se lancer à l’assaut de la cité.

Si l’on en croit la légende, la petite hache de cette jeune Jeanne s’abaisse sur l’assaillant pour faire beaucoup de dégâts. Jeanne Laisné, devenue bientôt Jeanne Hachette, est en train de se faire un nom dans l’histoire.

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