Toulouse, Brest, Créteil : Pourquoi le téléphérique est à la mode dans nos villes

FRED SCHEIBER/SIPA

Le téléphérique est devenu le nouveau moyen de transport en commun urbain à la mode. Entre son faible coût et sa capacité à éviter tous les obstacles, de plus en plus de communes se laissent tenter par cette installation aérienne.

Le téléphérique séduit beaucoup d’élus locaux dans sa capacité à désenclaver les territoires

Le téléphérique est devenu un moyen de transport en vogue dans les grandes villes. L’inauguration en grande pompe du Téléo, un téléphérique urbain, le 14 mai à Toulouse en est le dernier exemple. Il se déploie sur 3 km au-dessus de la Garonne avec 5 pylônes et 3 câbles. Vu la météo, les premiers voyageurs n’avaient ni skis ni doudoune.  En même temps la Ville Rose n’est pas réputée pour ses pistes de poudreuse. En effet, c’est bien un téléphérique urbain qui a été lancé. Il faut également préciser qu’il ne s’agit pas d’une attraction touristique, mais bien d’un moyen de transport en commun, intégré au réseau de l’agglomération. C’est une infrastructure réellement utile au quotidien des Toulousains. 8 000 voyageurs par jour pourront l’emprunter via des cabines de 35 places qui défilent toutes les 90 secondes, et moyennant un ticket à 1,70 euro.

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Cela s’adresse à ceux qui se déplacent dans le sud de la ville. Il y a 3 stations, qui desservent une université, un hôpital et un bassin d’emploi autour de la recherche en médecine. Cette inauguration illustre parfaitement une sorte de mode autour du téléphérique, en ville. Brest a fait figure de pionnière, en 2016. Le sud-est parisien aura le sien en 2025. Il sera nommé « le câble 1 » et s’étalera sur les 3 communes de Créteil, Limeil-Brévannes et Villeneuve-Saint-Georges. Ce moyen de transport innovant pour une ville a un avantage sur tous les autres. Il a la capacité d’enjamber tous les obstacles, que ce soit un fleuve, une zone industrielle, un nœud ferroviaire ou autoroutier, ou évidemment un relief accidenté. Au moment où on parle toujours plus de désenclaver les territoires, de limiter les fractures entre quartiers riches très bien desservis et les quartiers pauvres en périphéries, le téléphérique séduit beaucoup d’élus locaux.

 

En moyenne un téléphérique est 2 à 4 fois moins cher qu’une ligne de tramway

Il faut donc s’attendre à en voir de plus en plus, car dans les arguments en sa faveur, il y a la facilité d’installation et un coût relativement accessible pour les communes. Un téléphérique nécessite deux gares, des piliers, et des câbles. Il n’y a pas besoin de bloquer la circulation pour poser des rails ou creuser sous la terre comme pour un métro. Le budget à Toulouse a quand même atteint, à cause d’un dépassement, les 80 millions d’euros. Si on compare avec les 200 millions d’euros qu’ont coûtés les deux stations de métro supplémentaire sur la ligne 12 à Paris qui seront inaugurées le 31 mai, le calcul est vite fait. En moyenne un téléphérique est estimé de 2 à 4 fois moins cher qu’une ligne de tramway.

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Les accidents sont extrêmement rares car on ne risque pas de percuter une voiture ou un piéton. Le défaut principal des téléphériques reste leur petite taille. En effet, un tramway a une capacité 2 fois plus importante. On voit également qu’à Brest, cette technologie peut parfois tomber en panne. 19 Brestois sont restés bloqués le 24 novembre 2021. Les habitants ne sont donc pas toujours prêts à voir des cabines défiler au-dessus de leurs têtes. À Lyon, un projet vient d’être abandonné, comme l’avait été un autre projet à Orléans, il y a 2 ans, ou à Issy-les-Moulineaux il y a une dizaine d’années.

François Geffrier

Ecoutez François Geffrier (à partir de 5’10) :

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