Canicules permanentes, pluies extrêmes : à quoi ressemblera le climat en France à la fin du siècle ?

Des pics à 50 degrés l’été, des canicules permanentes, des pluies extrêmes : voilà à quoi pourrait ressembler le climat en France à la fin du siècle. D’après Météo France, qui vient de publier ses nouvelles projections climatiques, les températures moyennes risquent d’augmenter de près de 4 degrés d’ici 2100.

Ce que l’on considère actuellement comme une canicule pourra devenir « la norme, voir un été frais » selon Robert Vautard

Météo France s’est penché sur les dernières simulations climatiques et leurs conséquences selon trois scénarios. Le premier, le plus optimiste, prévoit une baisse drastique des émissions de gaz à effet de serre. Le deuxième, intermédiaire, concerne une baisse des émissions à partir de 2050. Le dernier, le plus défavorable, se projette sur une augmentation constante des émissions. Mary Kerdoncuff, la directrice adjointe de la climatologie à météo France apporte des précisions sur ce scénario catastrophe : « nous sommes actuellement dans le troisième scénario, ce qui nous amènerait à une hausse de 4 degrés d’ici 2100. Il existe même certains modèles où l’on va largement au-delà de ces 4 degrés ».

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En effet, la hausse des températures pourrait même atteindre 6 degrés dans le Sud Est l’été. Ces niveaux de dérèglements climatiques bouleverseraient complètement le monde, dont les impacts les plus frappants seraient les vagues de chaleur et les canicules. Dans le pire des scénarios, un été comme l’été 2003 sera selon le climatologue Robert Vautard « la nouvelle norme, voir un été frais ».

 

Robert Vautard : « les actions qui auront lieu d’ici 2030 sont absolument cruciales »

Le nombre de vagues de chaleur doublerait dans le scénario le plus optimiste, mais serait multiplié par 5 ou par 10 dans le scénario défavorable. Autrement dit, l’été pourrait être une canicule permanente, et le nombre de nuits tropicales supérieures à 20 degrés augmenteraient de 30 à 50 jours supplémentaires. Robert Vautard cite aussi « l’augmentation des pluies extrêmes partout sur le territoire » comme conséquence de cette hausse de température.

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Les sécheresses deviendraient très fréquentes, les vagues de froid très rares et les gelées hivernales exceptionnelles. Cependant rien est écrit, et pour la deuxième moitié du siècle, tout reste possible. Mais pour cela, « les actions qui auront lieu d’ici 2030 sont absolument cruciales, et il faudrait une diminution de moitié de nos gaz à effet de serres d’ici 10 ans pour espérer rattraper un scénario optimiste ». Soit une baisse de 7% des émissions de gaz à effet de serre chaque année jusqu’en 2030, ce qui est la seule solution pour limiter l’emballement climatique en France d’ici la fin du siècle.

Baptiste Gaborit

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