Guerre en Ukraine : L’embargo sur l’or russe n’aura « aucun impact sur le conflit »

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Le 26 juin, les pays du G7 ont décidé d’interdire les importations d’or russe. Cette nouvelle sanction imposée au Kremlin se veut symbolique mais risque, comme pour le gaz et le pétrole, d’impacter négativement les occidentaux tout en étant inefficace sur la destinée du conflit en Ukraine.

Selon les dirigeants du G7 l’embargo sur l’or russe, est un moyen de bloquer les liens entre l’économie russe et le système financier

L’embargo annoncé le 26 juin par les membres du G7 s’est cette fois porté sur l’or russe. La mesure a été dévoilée dès l’ouverture de cette réunion des pays du G7, en Bavière, au château d’Elmau. Elle a quelque chose de symbolique car l’or est la valeur refuge par excellence. Joe Biden n’a pas manqué d’insister là-dessus, en écrivant sur Twitter : « nous allons interdire l’or russe, une source d’exportation majeure, ce qui privera la Russie de milliards de dollars ». En effet, la Russie est le 2ème producteur mondial d’or.

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Encore une matière première dont on redécouvre la géographie, à la faveur de cette guerre, qui nous avait déjà fait réaliser le poids colossal de l’Ukraine et de la Russie dans le commerce des céréales. L’or est le deuxième produit exporté par la Russie après l’énergie. Le gaz et le pétrole sont déjà depuis le début de la guerre au cœur des discussions. Si, les Etats-Unis ont décrété un embargo sur le pétrole, l’Europe l’a fait, bien plus tard, et plus progressivement. Pour le gaz, c’est une autre affaire. A l’inverse le robinet est peu à peu fermé par Moscou, plus que par les Européens. Selon les dirigeants du G7, le fait de ne plus acheter d’or russe, est un moyen supplémentaire de bloquer les liens entre l’économie russe et le système financier.

 

L’impact de cet embargo sera nul sur la guerre en Ukraine

L’impact de cet embargo sur l’or est donc multiple. En effet, comme pour le gaz et le pétrole, cela va faire grimper les prix. Même si l’économie ne s’abreuve pas de litres ou de barils d’or comme elle le fait avec le pétrole, l’or est bien un actif de réserve crucial et vecteur de stabilité. La Russie en retire 15 milliards d’euros par an à l’exportation. Les pays du G7 représentaient jusqu’à présent 90% de ses débouchés, en particulier vers le Royaume-Uni. Cela s’était déjà tendu, bien avant l’annonce de cet embargo. A Londres, grand centre mondial d’échanges financiers de matières premières, certains fondeurs avaient choisi, il y a plusieurs mois, de ne plus fabriquer de lingots à partir d’or russe, comme le raconte Le Figaro, ce matin. La banque centrale de Russie a réagi en reprenant ses achats d’or sur le marché intérieur. Elle détient aujourd’hui 140 milliards de dollars, c’est-à-dire 2 000 tonnes. Moscou a également supprimé la TVA sur l’achat d’or pour que les particuliers en achètent plus facilement.

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De plus, un peu comme avec le pétrole et gaz, avec ce nouvel embargo on se fait aussi mal, si ce n’est plus, à nous-mêmes qu’à la Russie. En effet, avant même qu’un embargo soit là dans les faits, il nous coûte déjà, parce qu’il est annoncé et que cela fait monter les cours. L’impact, de toute façon, maintenant on le sait, sera nul sur la guerre. Pourtant, c’est quand même le but au départ. Si Vladimir Poutine n’a pas reculé avec la myriade de sanctions déjà prises, notamment pour exclure les banques russes du système international, ce n’est pas le priver de 15 milliards d’euros d’exportations qui va lui faire changer ses plans de bataille.

François Geffrier

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