Astérix et le Griffon : Une vente attendue de plusieurs millions d’exemplaires

La nouvelle bande dessinée d’Astérix sort ce 21 octobre : Astérix et le Griffon, aux éditions Albert-René et comme à chaque fois, il s’agit d’un événement culturel mais aussi économique.

Un album d’Astérix se vend quatre fois plus qu’un Goncourt

Dans le monde de l’édition il y a des best-sellers, des livres qui se vendent à quelques centaines de milliers d’exemplaires. Et puis il y a Astérix, un album du plus célèbre et du plus musclé des Gaulois qui se vend entre un million et demi et deux millions d’exemplaires à chaque fois. C’est quatre fois plus qu’un bon Goncourt. Pour atteindre un tel niveau, Guillaume Musso devrait publier quatre romans par an. C’est donc absolument hors normes et le copain d’Obélix est aussi le héros de papier français qui s’exporte le mieux puisqu’un album se vend souvent à presque trois millions d’exemplaires hors de France. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Astérix et le Griffon sort maintenant. Tout est calculé pour que cette 39ème aventure cartonne aujourd’hui mais soit aussi un succès sous le sapin à Noël.

 

Ferri et Conrad ont réussi à être à la fois dans la continuité, la fidélité mais aussi dans le renouvellement

Astérix est né en 1959 mais c’est à la fois contemporain et indémodable. Ce sont des héros qui se moquent des Français, de leur côté râleur mais aussi sympathique. De l’humour, un peu de magie avec la potion magique, un côté David contre Goliath et c’est la recette du succès. Il y a des scénarios qui se plongent souvent dans notre quotidien et dans notre actualité, Astérix est donc ce reflet de notre société mais dans une ambiance rétro. L’autre raison de ce succès est que le talent des créateurs originels, Goscinny et Uderzo, a été remplacé par celui de Ferri et Conrad qui en sont à leur cinquième album. Goscinny est mort en 1977 et Uderzo décédé en 2020, avait réussi à perpétuer la tradition et à vendre plus en solo qu’en duo. Le nouveau tandem qui a pris le relai, il y a un peu moins de dix ans, a réussi à être à la fois dans la continuité, la fidélité mais aussi dans le renouvellement.

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Hachette a repris pratiquement l’intégralité des éditions Albert-René qui éditent les Astérix, en 2011. Lancer une nouveauté est doublement stratégique. Cela génère des ventes immédiates de la nouveauté mais aussi des ventes des anciens albums. Il est crucial pour les éditeurs de vendre un titre qui est déjà amorti car cela est très rentable. Une nouveauté donne une nouvelle jeunesse à un héros. Blake & Mortimer, Corto Maltese, Alix ou Boule et Bill l’ont bien compris. Tintin et Gaston Lagaffe, qui n’ont pas survécu à Hergé et Franquin, en souffrent. Enfin, c’est une bonne nouvelle pour les libraires parce que la BD représente maintenant presque un cinquième des ventes de livres.

David Barroux

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