Les vitraux de Claire Tabouret laisseront passer la lumière, dans un an, au côté de ceux conçus par Viollet-le-Duc, dans la Cathédrale de Notre-Dame de Paris. L’artiste-peintre française, qui vit et travaille à Los Angeles, a été désignée lauréate face à des artistes comme Daniel Buren, Yan Pei-Ming et Jean-Michel Alberola. Ses maquettes sont visibles dès aujourd’hui au Grand Palais, jusqu’au 10 mars.
Six vitraux, six palettes de couleurs. Ici les verts se mêlent aux ocres, les violets aux bruns. « Il fallait respecter la lumière blanche de Notre-Dame, ce qui veut pas dire ne pas utiliser de couleurs mais utiliser des balances de couleurs équilibrées pour ne pas dénaturer cette lumière. Et l’idée, c’était aussi non seulement de faire une œuvre figurative, mais aussi de faire une œuvre qui soit comprise par tous, sans explication. Donc vraiment de se tenir au texte et de raconter une histoire » explique Claire Tabouret.
L’artiste y raconte la Pentecôte. À chaque baie de vitraux, un moment de cette histoire. Au quatrième acte, la Vierge Marie est jeune, cheveux libres, les yeux rougis de tristesse, elle regarde vers le ciel. L’exposition permet de saisir tout le travail préliminaire. On peut découvrir dans les vitrines tous les pochoirs qu’elle a découpés à la main : « la dernière baie est la seule où on échange des regards avec les personnages ».
Chaque verre du vitrail est soufflé à la bouche et réalisé sur mesure
En fond, des motifs géométriques, rosaces ou losanges, rappellent le travail de Viollet-le-Duc et des artistes avant elle : « Pour moi, assez rapidement, m’est venue l’envie de les citer dans mon œuvre ». Un atelier de maître verrier est actuellement en train de créer les futurs vitraux. « Chaque verre est soufflé à la bouche et est réalisé sur mesure par rapport aux peintures », décrit Claire Tabouret. Ses œuvres seront installées à Notre-Dame dans un an. En attendant, la place du Grand Palais vous permettra de voir les projets de vitraux de Claire Tabouret et les œuvres d’Eva Jospin, avec ses forêts de cartons.
Victoire Faure
Retrouvez l’actualité du Classique