Point culminant du romantisme en musique, Tristan et Isolde de Wagner allait rayonner par son aura si particulière sur les décennies suivant sa création munichoise, en 1865. Serge Gut, qui consacra plusieurs articles aux opéras wagnériens (et qui vient de disparaître avant la publication de cet ouvrage), a relevé le défi de consacrer une étude approfondie à cette " oeuvre centrale dans toute la création occidentale du XIXe siècle [et qui] s’impose comme oeuvre-référence ".
Partant du postulat que " Tristan est l’amour, Isolde est la mort, et le nirvâna les enveloppe tous les deux ", Gut met en lumière à la fois les circonstances intimes de la composition la passion du compositeur pour Mathilde Wesendonck, " ressort fondamental de la mise sur pied du chef-d’oeuvre " et le projet artistique qui se coule dans l’adhésion à la pensée de Schopenhauer, pour qui " la force du désir nous révèle l’affirmation la plus décisive de la volonté de vivre ". Pour le héros wagnérien, il s’agit de " désirer au-dedans de la mort, et non mourir de désir! ". Avec l’auteur, associé à Jean-Jacques Velly pour une étude sur " Le traitement orchestral dans Tristan et Isolde ", nous suivons pas à pas l’élaboration de l’ouvrage autant que l’analyse claire et méticuleuse de la partition.
Tristan et Isolde, L’amour, la mort et le nirvâna, Serge Gut, Fayard 278 p., 17 e.
« Tristan et Isolde » analysé par Serge Gut
Radio Classique
«Tristan», le désir et la vie